La saison des ouragans dans l’Atlantique enregistre un calme historique en ce mois de septembre 2026. Selon les données de la National Oceanic and Atmospheric Administration, le bassin s’apprête à battre un record de retard pour la formation d’un premier ouragan à l’ère des satellites, en raison d’un phénomène El Niño particulièrement puissant.
Les prévisions saisonnières annonçaient certes une période plus calme que la normale, mais la réalité de terrain dépasse les attentes des services météorologiques. Alors que la saison aborde sa climatologique apogée en ce vendredi 11 septembre 2026, l’Atlantique, le golfe du Mexique et les Caraïbes affichent un total de zéro ouragan formé. Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration, le bassin s’apprête à franchir le seuil du plus long silence de l’ère des satellites pour l’absence d’un premier système de force ouragan. Le précédent record du 11 septembre, établi en 2002 et en 2013, sera mathématiquement dépassé.
Dans une saison moyenne, le calendrier affiche déjà à cette date huit tempêtes tropicales nommées et trois ouragans. Cette année, le compteur s’arrête à cinq tempêtes modestes — Arthur, Bertha, Cristobal, Dolly et Edouard — dont l’énergie est restée insuffisante pour atteindre le seuil des 120 kilomètres par heure requis pour passer au stade d’ouragan. L’indicateur d’énergie cumulée des cyclones, connu sous l’acronyme ACE, stagne ainsi à un plancher record de 4,4, comme le relève The Boston Globe.
La puissance étouffante d’un Super El Niño dans le Pacifique tropical
La cause de cette torpeur inhabituelle trouve son origine dans le Pacifique. Les températures de surface dans la zone de surveillance clé d’El Niño dépassent de plus de 3 degrés Fahrenheit la normale, frôlant les anomalies records de 2015. Ce réchauffement exceptionnel perturbe la circulation atmosphérique à l’échelle planétaire et génère des flux d’altitude particulièrement rigoureux au-dessus de l’Atlantique.

Les chiffres confirment l’intensité du phénomène. Les forces de cisaillement du vent vertical dans l’ouest de l’Atlantique et dans les Caraïbes ont battu tous les registres historiques depuis le début des observations par satellites en 1979. we continue to crush
records, a souligné Philip Klotzbach, cité par The Philadelphia Inquirer, en notant que les moyennes mesurées au cours des trente derniers jours dépassent de plus de 3 nœuds celles de toute autre année de référence.
Le contraste saisissant avec l’activité intense du Pacifique oriental
Pendant que l’Atlantique retient son souffle, le bassin du Pacifique oriental vit une situation rigoureusement inverse. L’océan enregistre une surchauffe propice au développement de tempêtes en série. Quinze systèmes y ont déjà pris naissance, soit près du double de la normale saisonnière, dont six ont atteint le statut d’ouragan majeur de catégorie 3 ou plus.

Cette frénésie pacifique a provoqué des passages rapprochés menaçant Hawaï et des inondations par vagues de submersion le long des côtes de la Californie méridionale. L’activité est si intense que les services météorologiques n’excluent pas que le bassin épuise l’intégralité des noms prévus sur la liste pour l’année 2026, une conséquence directe de la dynamique en cours.
Des facteurs additionnels et l’incertitude des mois d’automne
L’effet d’El Niño ne s’exerce pas seul. D’autres mécanismes climatiques ont contribué à verrouiller l’Atlantique au cours des dernières semaines. Des nappes de poussières sahariennes, charriées par les vents d’est au-dessus de la zone principale de développement, ont asséché l’atmosphère et sapé la vitalité des orages naissants. En parallèle, l’accélération des vents de surface au-dessus de cette même région a intensifié l’évaporation, refroidissant temporairement les eaux de surface et privant les systèmes de leur carburant thermique.

Malgré ce répit prolongé, les experts invitent à la prudence. Benjamin Kirtman, doyen de l’école Rosenstiel de l’Université de Miami, rappelle que le phénomène actuel s’est installé bien plus tôt qu’à l’accoutumée, créant un environnement hostile marqué par un cisaillement important. Néanmoins, la fin de la saison officielle, fixée au 30 novembre, laisse une large fenêtre pour des sursauts tardifs.
Les spécialistes rappellent que le déplacement de fronts froids automatiques au-dessus des eaux subtropicales encore chaudes peut dynamiser la situation à partir de la fin du mois. Les données historiques montrent que l’Atlantique conserve son potentiel de surprise jusqu’aux derniers mois de l’année, ce qui incite les habitants des zones côtières à maintenir leur vigilance en dépit du calme apparent.
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