France, Royaume-Uni et 10 Pays Interdisent les Produits des Colonies en Cisjordanie

Le Royaume-Uni, la France et dix autres pays ont annoncé le 8 septembre 2026 une interdiction commerciale sur les produits issus des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. Paris et Londres dénoncent des actions menant à une limpeza étnica dans le territoire palestinien, provoquant des réactions indignées à Tel-Aviv et des critiques de Washington.

Une coalition de douze pays contre le commerce des colonies

Dans une action coordonnée menée ce mardi, le Canada et onze nations européennes ont formalisé leur intention d’imposer des restrictions nationales ou d’appuyer des mesures continentales visant le commerce de biens en provenance des implantations situées en Cisjordanie. L’initiative réunit le Canada, la Danemark, la Finlande, la France, l’Islande, l’Irlande, la Norvège, la Pologne, le Portugal, l’Espagne, la Suède et le Royaume-Uni, face à la dégradation rapide de la situation sur le terrain.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a justifié la mesure sur le réseau social X en expliquant que la Cisjordanie est à la veille d’une explosion en raison d’une expansion coloniale incontrôlée et de la montée des violences perpétrées par des extrémistes contre la population palestinienne. Du côté de Londres, le ministre des Affaires étrangères a souligné l’urgence d’une rupture face à la situation humanitaire et politique.

Le tournant de la politique britannique et les accusations de nettoyage ethnique

Le gouvernement britannique a qualifié l’occupation de la Cisjordanie d’ilegal et a accusé l’exécutif israélien de tolérer ce qu’il qualifie de limpeza étnique dans des parties du territoire occupé. S’exprimant devant la Chambre des Communes, le chef de la diplomatie a rappelé que le nombre de colonies approuvées sous le gouvernement actuel surpasse les chiffres cumulés des vingt années précédentes.

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Cette offensive diplomatique s’inscrit dans la continuité des décisions prises par Londres en 2025, année où le Royaume-Uni a rejoint les pays reconnaissant officiellement un État palestinien. Les sanctions britanniques cibleront directement les marchandises importées de ces territoires, tout en instaurant des restrictions contre les entreprises et les particuliers fournissant des services d’infrastructure, de construction ou de financement pour l’expansion des colonies.

Les retombées économiques directes de ces mesures sur le commerce bilatéral annuel — évalué à 6 milliards de livres, soit environ 8,12 milliards de dollars — devraient toutefois rester limitées, l’essentiel des flux israéliens étant constitué de produits manufacturés en dehors des enclaves contestées, principalement composées de denrées agricoles et de vin.

Le projet E1 et les craintes pour la solution à deux États

Au cœur de l’inquiétude des capitales occidentales figure le projet de colonisation E1, qui prévoit la construction de plus de 1 200 nouvelles habitations entre Jérusalem-Est et le bloc de Maale Adumim. Les analystes et responsables internationaux soulignent que ce tracé risque de diviser irrémédiablement les terres revendiquées par les Palestiniens pour constituer leur futur État, compromettant définitivement la viabilité d’une solution à deux États.

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Malgré ces avertissements, le ministre israélien des Finances a officialisé l’avancement de plans pour la construction de mille logements supplémentaires répartis dans deux autres implantations de Cisjordanie, accentuant le fossé entre Tel-Aviv et ses partenaires européens.

La vive réaction de Tel-Aviv et les critiques de Washington

La réponse des autorités israéliennes ne s’est pas fait attendre. Le président Isaac Herzog a ouvertement accusé Londres de tenter d’interférer dans les élections israéliennes prévues pour la fin du mois d’octobre. D’autres membres du gouvernement ont exigé des sanctions de rétorsion, suggérant notamment l’expulsion du diplomate britannique ou la fermeture du consulat général à Jérusalem-Est.

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Les États-Unis se sont également opposés à l’initiative européenne. L’ambassadeur américain en poste a qualifié la mesure de discrimination contre le peuple juif, tout en avertissant que ces restrictions commerciales pourraient exposer les entreprises britanniques à des difficultés dans les États américains dotés de législations interdisant tout contrat public aux entités participant au boycott d’Israël.

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