La mission conjointe Agence Spatiale Européenne et JAXA a franchi une étape majeure jeudi 3 septembre 2026 en entamant son approche finale vers Mercure, selon les informations rapportées par BFMTV. Après près de dix ans de voyage dans l’espace et plus de 10 milliards de kilomètres parcourus depuis son lancement en octobre 2018 à bord d’une fusée Ariane 5 depuis le Centre Spatial Guyanais, le véhicule a procédé de manière autonome à la séparation d’avec son module de transfert (Mercury Transfer Module), qui assurait jusque-là la propulsion et l’alimentation.
Une étape décisive pour la mission BepiColombo
Cette opération s’est déroulée alors que le composite se trouvait à environ 3,3 millions de kilomètres de Mercure et à plus de 200 millions de kilomètres de la Terre, rendant toute communication en temps réel impossible. Les équipes de contrôle au sol situées au centre de l’Agence Spatiale Européenne en Allemagne ont dû patienter environ deux heures avant de recevoir la confirmation par signal radio. Elsa Montagnon, responsable des opérations concernant le module au sein de l’ESA, a déclaré que c’était le meilleur scénario qu’ils pouvaient espérer avec la télémétrie leur parvenant exactement au moment où ils pouvaient l’espérer, qualifiant l’événement de nouveau lancement réussi.
Des manœuvres à haut risque face aux défis gravitationnels
L’arrivée de BepiColombo est considérée par les responsables de l’agence comme l’une des opérations planétaires les plus complexes et risquées jamais réalisées. C’est une mission très ambissieuse, a souligné Santa Martinez, manajer misi BepiColombo di ESA. En raison de la proximité immédiate du Soleil et de la faible masse de Mercure — dont la gravité est nettement plus faible que celle de l’astre solaire —, la moindre imperfection de trajectoire risquerait de projeter les sondes hors de leur route ou de les exposer à des températures extrêmes.
Pour dompter cette orbite, la mission a réalisé une trajectoire complexe comprenant de multiples survols planétaires pour réduire progressivement son énergie, incluant un passage près de la Terre, deux près de Vénus et six près de Merkurius. Un problème technique survenu en avril 2024 concernant les panneaux solaires avait réduit la poussée électrique, contraignant les ingénieurs à redessiner la trajectoire et à reporter l’arrivée initiale de décembre 2025 à novembre 2026.
Calendrier des prochaines séparations et objectifs scientifiques
Désormais séparés du module de transfert, le Mercury Planetary Orbiter (MPO) de l’Agence Spatiale Européenne et le Mercury Magnetospheric Orbiter (Mio) de l’JAXA poursuivent leur route commune avant une capture par la gravité de Mercure prévue le 21 novembre 2026. Une phase critique supplémentaire surviendra les 9 et 10 décembre 2026, date à laquelle Mio se séparera à son tour pour rejoindre son orbite polaire elliptique s’éloignant jusqu’à 11 000 kilomètres, tandis que le MPO descendra vers sa propre orbite finale d’ici le 10 mars 2027.

La campagne scientifique officielle, dotée d’un budget de 1,7 milliard d’euros et s’appuyant sur seize instruments, débutera le 6 avril 2027 pour une durée d’au moins une année terrestre. Le MPO cartographiera la surface de la planète en haute résolution et analysera sa minéralogie, son exosphère et sa structure interne, tandis que Mio se consacrera à l’étude de l’environnement spatial et du champ magnétique de ce corps céleste encore largement méconnu depuis les missions Mariner 10 en 1974 et MESSENGER en 2011.
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