John Healey étudie une taxe exceptionnelle sur les banques britanniques

Alors qu’Andy Burnham prépare son premier budget d’automne pour le 28 octobre, les banques britanniques font face à une pression croissante sur leurs profits. Des syndicats et des groupes de campagne réclament une taxe exceptionnelle sur le secteur financier, tandis que la puissante fédération professionnelle UK Finance met en garde contre les risques pour la compétitivité et la base fiscale du pays.

Cette perspective intervient alors que les quatre plus grands établissements prêteurs du Royaume-Uni – HSBC, NatWest, Barclays et Lloyds Banking Group – ont accumulé 200bn de livres sterling de bénéfices avant impôt au cours des cinq dernières années, portés par la hausse des taux d’intérêt.

La pression des syndicats et le débat sur les factures énergétiques

Pour les syndicats et les organisations de défense des consommateurs, ces profits massifs constituent une cible évidente pour alléger le coût de la vie des ménages britanniques. Paul Nowak, secrétaire général du Trades Union Congress (TUC), a souligné que les banques profitaient de la conjoncture sans effort particulier de compétitivité.

Paul Nowak, secrétaire général du TUC, via The Guardian, a déclaré qu’alors que les factures énergétiques frôlaient des sommets record cet hiver, le gouvernement allait devoir fournir davantage de soutien aux ménages, et que taxer les superprofits des banques constituait le moyen évident de le financer.

Les partisans d’un prélèvement exceptionnel estiment qu’une telle mesure pourrait rapporter une somme importante en se basant sur les performances des quatre grands groupes bancaires.

Les avertissements de UK Finance et la comparaison européenne

Face à ces revendications, le secteur bancaire n’a pas tardé à réagir. Selon ses calculs, la charge fiscale effective pesant sur les banques britanniques s’élève déjà à près de 47 pour cent.

Ce niveau surpasse largement celui constaté dans d’autres grands centres financiers internationaux :

Centre financier Taux d’imposition effectif estimé
New York Environ 28 pour cent
Francfort Environ 39 pour cent
Amsterdam Environ 42 pour cent
Royaume-Uni Près de 47 pour cent

Pour justifier ce poids fiscal élevé, l’industrie bancaire mentionne la surtaxe de trois points sur les bénéfices dépassant les 100 millions de livres ainsi qu’un prélèvement distinct assis sur les bilans. Les dirigeants estiment que l’ajout d’une taxe supplémentaire fragilise l’attractivité du pays, d’autant que des rivaux comme l’Allemagne prévoient de réduire leur taux d’impôt sur les sociétés entre 2028 et 2032.

Les leçons des précédents en Espagne et en Lituanie

Le débat britannique trouve un écho direct dans les mesures adoptées par d’autres gouvernements européens face à l’inflation et aux dépenses de défense. En Espagne, le gouvernement a mis en place une taxe de solidarité de 4,8 pour cent sur les revenus domestiques des banques dépassant un seuil significatif de chiffre d’affaires, une mesure prolongée jusqu’en 2027 en dépit de contentieux juridiques et des réserves de la Banque centrale européenne.

John Healey étudie une taxe exceptionnelle sur les banques britanniques
Photo: aol.co.uk

En Lituanie, un prélèvement de 60 pour cent sur les revenus nets d’intérêts excédant de 50 pour cent la moyenne des quatre années précédentes a été instauré pour financer la sécurité et les infrastructures, bien que sa mise en œuvre ait suscité des inquiétudes quant à l’attractivité pour les investisseurs étrangers.

La réaction des dirigeants de la City et l’enjeu de la croissance

Les dirigeants des grandes institutions financières soulignent que leurs résultats semestriels – marqués par un cumul de bénéfices pour les quatre principales banques au premier semestre et une part importante reversée aux actionnaires – servent également à financer l’économie réelle.

John Healey étudie une taxe exceptionnelle sur les banques britanniques
Photo: londonlovesbusiness.com

Paul Thwaite, directeur général de NatWest, via AOL, a affirmé que pour avoir des économies solides, il fallait des banques solides, tout en soulignant qu’il était vraiment important de garantir la cohérence et la stabilité des politiques.

De même, Anna Cross, directrice financière de Barclays, insiste sur l’importance de préserver les capacités de prêt des banques pour soutenir les objectifs de croissance de l’exécutif. Alors que le Trésor cherche à combler un déficit budgétaire, le Premier ministre et son chancelier devront arbitrer d’ici la fin octobre entre les rentrées fiscales immédiates et la compétitivité à long terme de la place financière de Londres.

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