The Aerospace Corporation pousse l’adoption de la technologie DiskSat

Moins d’un an après le lancement de ses quatre satellites par The Aerospace Corporation, la technologie innovante du DiskSat gagne du terrain commercial. Trois premiers partenaires se sont engagés à licencier cette architecture ultra-plate conçue pour l’orbite terrestre très basse, ouvrant la voie à une nouvelle ére industrielle dans l’espace.

La forme cubique traditionnelle des petits satellites cède peu à peu la place à un format beaucoup plus plat. Près de huit mois après la mise en orbite d’un ensemble de quatre engins novateurs, The Aerospace Corporation cherche à accélérer l’adoption de la technologie DiskSat à travers l’industrie spatiale. Ce centre de recherche et de développement financé par le gouvernement fédéral américain imagine un avenir où les satellites s’empilent comme des disques compacts pour maximiser l’efficacité des lancements.

Une démonstration en orbite couronnée de succès

Les quatre DiskSats, mesurant chacun un mètre de diamètre pour seulement 2,5 centimètres de hauteur, ont été lancés en décembre sur une fusée Electron de Rocket Lab pour le compte du programme d’essais spatiaux de l’U.S. Space Force. L’agence et les responsables du projet suivent de près cette mission de démonstration toujours en cours.

Les satellites ont été éjectés de leur distributeur personnalisé vers une orbite terrestre basse située à environ 550 kilomètres d’altitude. Selon l’ingénieur en chef Darren Rowen, le système de largage a fonctionné exactement comme prévu, surmontant les risques inhérents à tout nouveau mécanisme de ce type.

Au cours de la phase de mise en service, les équipes ont validé la capacité des engins à produire et gérer 100 watts de puissance de pointe.

Les premiers accords de licence commerciaux

Fort de ces résultats, The Aerospace Corporation a commencé à nouer des partenariats industriels pour élargir l’utilisation de sa conception. Trois premiers clients ont signé des accords de licence pour s’approprier l’architecture et développer leurs propres applications, qu’il s’agisse de propulsion, d’observation ou d’informatique en orbite.

Parmi ces partenaires figure la startup australienne Neumann Space, qui prévoit d’intégrer son système de propulsion “Flatypus” au format DiskSat. Cette technologie, dérivée du Neumann Drive, vise à offrir une poussée accrue tout en s’adaptant à la silhouette plate de l’appareil sans augmenter la traînée atmosphérique. La jeune entreprise ambitionne de lancer ses premiers modèles propulsés dès 2028 selon la demande des clients, élargissant ainsi son rôle de simple fournisseur de moteurs à celui de fabricant de bus spatiaux.

De nouveaux horizons pour l’orbite très basse

La morphologie des DiskSats répond à un double défi économique et physique. D’une part, leur profil mince permet de les empiler par dizaines sous une seule coiffe de lanceur, répondant aux contraintes d’une disponibilité de lancement de plus en plus tendue. D’autre part, leur faible surface frontale réduit considérablement la traînée aérodynamique, leur permettant de voler “sur la tranche” dans l’orbite terrestre très basse.

Orbotic Systems, une jeune entreprise de la région de Los Angeles spécialisée dans l’élimination des débris spatiaux, compte exploiter ces satellites pour collecter des observations météorologiques spatiales grâce à son capteur WIND. De son côté, la startup Satlyt, basée à San Francisco, s’associe à The Aerospace Corporation pour explorer l’informatique en temps réel et le traitement de données à bord.

The Aerospace Corporation pousse l'adoption de la technologie DiskSat
Photo: spacenews.com

Rama Afullo, fondateur et PDG de Satlyt, a déclaré via SpaceNews que le DiskSat offre le type de puissance et d’évolutivité qui rend possible l’informatique en temps réel en orbite.

Rama Afullo, fondateur et PDG de Satlyt, via SpaceNews

Alors que la phase initiale de mise en service s’achève, la mission entre dans sa prochaine étape : l’allumage des propulseurs électriques fournis par la société européenne Enpulsion pour abaisser l’altitude. L’objectif est de démontrer la capacité des DiskSats à maintenir un vol durable en dessous de 350 kilomètres, ouvrant la voie à une exploitation commerciale et gouvernementale élargie.

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