Vladimir Poutine redouterait d’être renversé et exécuté en cas d’échec militaire en Ukraine, alors que le Kremlin s’apprête à intensifier les frappes contre le secteur énergétique et envisage la mobilisation de centaines de milliers d’hommes supplémentaires.
Le président russe aurait fait le choix de l’escalade militaire en Ukraine pour préserver son pouvoir et sa vie, selon une analyse du magazine The Economist relayée par la presse internationale. Le maître du Kremlin ne se ferait guère d’illusions sur son sort si l’armée russe échouait à s’emparer de l’intégralité du Donbass, son objectif militaire minimal.
Les confidences du Kremlin et la hantise d’une chute
D’après les informations rapportées par les sources diplomatiques et de presse, Vladimir Poutine est convaincu qu’il doit impérativement s’emparer du Donbass avant de pouvoir envisager la fin du conflit. Lors de réunions à huis clos avec son entourage, le dirigeant russe aurait laissé échapper une confidence lourde de sens sur son avenir personnel en cas de défaite : De kommer hänga mig (Ils vont me pendre
), des propos rapportés par l’entourage présidentiel et traduits dans les colonnes des médias.
Cette stratégie de surenchère permanente s’explique également par la détérioration du climat social en Russie. Selon l’institut de sondage indépendant Levada basé à Moscou, 57 % des Russes qualifient la situation actuelle du pays de tendue, en raison des pertes humaines au front, de la mobilisation, des frappes de drones et d’un avenir jugé très incertain.
Le ministère de la Défense annonce des frappes massives
Cette volonté d’intensifier le conflit se traduit concrètement sur le terrain militaire. Dans un communiqué publié sur Telegram, le ministère russe de la Défense a officialisé un nouveau tournant stratégique en indiquant que les forces armées russes avaient entamé la préparation de frappes massives contre les installations du secteur énergétique de l’Ukraine en réponse aux attaques continues du régime de Kiev contre les infrastructures civiles et le complexe pétrolier et énergétique de la Russie.
Moscou justifie cette riposte par les opérations ukrainiennes menées contre les raffineries et les centres logistiques russes, le président russe ayant estimé que Kiev avait ouvert la boîte de Pandore en multipliant ces frappes aériennes sur le territoire russe.
Mobilisation accrue et pressions sur le front intérieur
Pour soutenir cet effort de guerre prolongé, les services de renseignement ukrainiens estiment que la Russie a pour objectif de mobiliser jusqu’à 300 000 soldats, tandis que le président Volodymyr Zelenskyj a récemment évoqué l’incorporation imminente de plus de 300 000 hommes. Des mesures de recrutement régional ont d’ailleurs débuté, notamment dans la région de Penza, à environ 750 kilomètres au sud-est de Moscou.
Ces décisions provoquent de vives tensions au sein de la population. Face à la pression des autorités locales qui contraignent les hommes en âge de combattre à se présenter aux bureaux de recrutement, certains habitants commencent à s’organiser en groupes d’autodéfense, ce qui constitue un défi direct à l’autorité de l’État, d’après les observations recueillies par les journalistes sur place.
Fuite massive et tensions géopolitiques avec Washington
La perspective d’une nouvelle vague de conscription pousse également de nombreux citoyens à quitter le territoire. Rien que pour la semaine dernière, 113 000 Russes ont fui vers la Géorgie en empruntant le poste frontière de Larsi, dans le Caucase, un exode d’une ampleur comparable à celui enregistré lors de la première mobilisation décrétée en septembre 2022.

Dans ce contexte de paroxysme géopolitique, le chef de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu à Moscou pour un entretien d’alerte avec le Kremlin afin de dissuader la Russie de tout élargissement du conflit vers les pays de l’OTAN en Europe. Toutefois, selon les analyses de la presse, cette visite de haut niveau aurait pu être interprue par Vladimir Poutine comme une marque de faiblesse, rappelant le déplacement de William Burns en novembre 2021 juste avant l’offensive générale.
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