Des forces conjointes turques et somaliennes ont libéré le cargo MV Latuf, battant pavillon camerounais, après une opération militaire de dix jours au large des côtes de l’État du Puntland. L’intervention s’est soldée par la mort de 14 pirates et la destruction de quatre embarcations, ravivant les inquiétudes face à la recrudescence des attaques dans la Corne de l’Afrique.
Une opération conjointe de dix jours au large du Puntland
L’assaut mené conjointement par la marine turque et les forces armées somaliennes a permis de reprendre le contrôle du MV Latuf, un cargo qui avait été détourné le 17 août dans les eaux au large de la région de Nugaal, dans l’État semi-autonome du Puntland. Selon les autorités de Mogadiscio, la pression militaire maintenue sans relâche pendant dix jours a contraint les assaillants à abandonner le navire, permettant aux forces de sécurité de le sécuriser et de rétablir le contrôle à bord.
Le ministère de la Défense somalien a indiqué dans un communiqué que durant la période de dix jours, quatre bateaux utilisés par les pirates ont été détruits et 14 pirates ont été tués. Les autorités n’ont toutefois fourni aucun détail immédiat concernant le sort ou l’état de santé de l’équipage, bien que des sources locales aient fait état d’au moins huit marins à bord, dont un ressortissant turc.
La pression militaire soutenue a finalement contraint les pirates restants à abandonner le navire. Les forces ont ensuite sécurisé le MV LATUF, qui a repris sa route en toute sécurité. Ministre de la Défense, gouvernement somalien
Des versions divergentes sur les circonstances de la libération
Si le gouvernement fédéral de Mogadiscio attribue la libération du navire à une offensive militaire d’envergure menée dans le cadre d’un accord de coopération de défense entre la Turquie et la Somalie, les autorités régionales du Puntland dressent un tableau radicalement différent. Le ministère de la Sécurité du Puntland a formellement rejeté la version officielle, affirmant qu’aucune opération militaire n’avait eu lieu et que le navire avait été libéré à la suite du versement d’une rançon de 2,5 millions de dollars par Ankara.

Selon les autorités régionales, le versement aurait été facilité par des intermédiaires en contact téléphonique direct avec les ravisseurs depuis la mi-août. Par ailleurs, le Puntland a condamné avec véhémence les opérations de la marine turque au large de ses côtes, accusant Ankara d’avoir pris pour cible des pêcheurs locaux et de s’être livrée à des destructions d’embarcations civiles.
Une recrudescence de la piraterie dans la Corne de l’Afrique
Le détournement du MV Latuf, parti de Turquie fin juillet à destination du port tanzanien de Dar es-Salaam, s’inscrit dans un contexte de recrudescence des actes de piraterie dans l’océan Indien. D’après les données de l’Organisation maritime internationale (OMI) analysées par l’AFP, au moins 15 attaques ont été enregistrées au large de la Somalie depuis le mois d’avril, atteignant le niveau le plus élevé depuis 2013.

Cette résurgence maritime vient alourdir la situation sécuritaire pour le transport international, confronté simultanément aux tensions dans le détroit d’Hormuz et aux attaques des Houthis en mer Rouge. Les autorités maintiennent leur vigilance alors que plusieurs navires restent aux mains de ravisseurs dans la région.
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