Bülent Arınç critique la gestion de l’enquête contre les Süleymancılar

L’ancien président de la Grande Assemblée nationale de Turquie, Bülent Arınç, a publiquement critiqué la gestion de l’enquête menée contre la communauté des Süleymancılar, déplorant de graves violations du Code de procédure pénale et une atteinte flagrante au principe de la présomption d’innocence dans des déclarations relayées par la presse nationale.

L’enquête visant la communauté connue sous le nom des Süleymancılar suscite de vives réactions politiques en Turquie. Bülent Arınç, l’une des figures historiques à l’origine de la fondation de l’AK Parti, a pris position sur les réseaux sociaux pour dénoncer la méthode et le déroulement de cette procédure judiciaire. Tout en affirmant qu’il accordait sa confiance aux déclarations des ministres sur le fait que les investigations ciblent des infractions de droit commun et non une structure religieuse en soi, il a estimé que les droits fondamentaux des personnes impliquées étaient bafoués.

Les violations de la procédure et l’impact sur la présomption d’innocence

Selon l’analyse juridique formulée par Arınç, la procédure en cours s’affranchit des règles fondamentales garanties par la législation. Il a souligné que le secret de l’instruction et la présomption d’innocence se trouvent gravement compromis par la fuite d’informations et la couverture médiatique de l’affaire.

Ce processus entraîne malheureusement des exécutions de personnes sur les réseaux sociaux. Dans la presse écrite et visuelle, des individus étrangers au dossier prononcent des jugements et des expressions tendancieuses sont utilisées à l’aide de divers visuels concernant les patrimoines ou les agissements des personnes. Bülent Arınç, ancien président du Parlement turc

Il a en outre critiqué l’acte consistant à procéder à des exhumations dans le cadre des investigations, estimant que des personnes dépourvues de qualifications juridiques ou médico-légales s’improvisent juges d’instruction.

Les liens historiques et la question politique posée à deux ministres

Revenant sur son parcours, Arınç a précisé qu’il connaissait la communauté de longue date, depuis ses années d’études universitaires en droit aux côtés de Kemal Kaçar, tout en affirmant n’avoir jamais appartenu à ce mouvement. Il a rappelé que la structure, fondée sous la conduite de Süleyman Hilmi Tunahan, a assuré l’enseignement du Coran durant des périodes restrictives. Il a également mentionné ses entretiens menés en 2011 avec feu Ahmet Arif Denizolgun à la demande de la direction de son parti, afin de solliciter un soutien politique.

Arınç’tan Süleymancılar çıkışı: Kur’an hizmetkârı insanlardı
Photo: Odatv

Interrogé sur les motivations politiques de l’intervention, Arınç a rapporté la question qui lui a été fréquemment posée : si cette communauté avait soutenu l’AK Parti, une telle opération aurait-elle eu lieu ? En réponse, il a interpellé directement le ministre de la Justice Akın Gürlek et le ministre de l’Intérieur Mustafa Çiftçi, leur demandant de faire preuve d’une rigueur absolue face à ces dérives et réitérant son attachement au respect de la légalité républicaine.

La réaction de Fatih Süleyman Denizolgun et le débat sur les cemaats

Les propos de l’ancien président du Parlement ont provoqué une vive réplique au sein même de la famille spirituelle de la communauté.

Bülent Arınç'tan iktidarı kızdıracak 'Süleymancılar' çıkışı
Photo: Sözcü Gazetesi

Parallèlement, Arınç a pris ses distances avec les appels réclamant la fermeture de l’ensemble des confréries et ordres religieux, qualifiant ces structures de réalités sociologiques incontournables en Turquie comme ailleurs dans le monde. À l’appui de sa démonstration, il a cité le cas de feu Muammer Aksoy, ancien président de l’Association de la pensée attaturkiste (ADD), qui avait autrefois assuré la défense juridique de Kemal Kaçar et attesté du caractère strictement cultuel des activités de la communauté.

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