Prévu pour être lancé le 30 août 2026 à bord d’un lanceur SpaceX Falcon Heavy depuis le Centre spatial Kennedy en Floride, le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA se positionnera au point de Lagrange L2 pour explorer les mystères de l’énergie noire et recenser des milliers d’exoplanètes.
L’observatoire doit décoller ce dimanche 30 août 2026 à 7 h 26 (heure avancée de l’Est) depuis le complexe de lancement 39A à Cape Canaveral, transporté par une fusée Falcon Heavy de SpaceX, selon les informations de la mission publiées par la NASA. L’arrivée de l’appareil dans le hangar de SpaceX s’est déroulée sous haute surveillance, après un convoi de nuit le 24 août en provenance de l’installation de conditionnement des charges utiles dangereuses où il était préparé depuis le mois de juin.
Cette mission majeure de la décennie intervient alors que la communauté scientifique s’interroge de plus en plus sur les modèles cosmologiques actuels.
Des origines secrètes issues d’un programme d’espionnage abandonné
L’histoire de cet observatoire plonge ses racines dans les programmes de défense américains du début des années 2000. À l’époque, le National Reconnaissance Office (NRO) avait mis sur pied le programme Future Imagery Architecture
, un projet multimilliardaire confié à Boeing pour concevoir une nouvelle génération de satellites de reconnaissance optique et radar, ainsi que le rapporte Space.

Face à des dépassements budgétaires massifs, le programme fut annulé en 2005 et qualifié par la suite de peut-être la défaillance la plus spectaculaire et la plus coûteuse des 50 ans d’histoire des projets de satellites espions américains. Pourtant, ce revers industriel a profité à la recherche civile. En 2012, le NRO fit don à la NASA de deux télescopes spatiaux inutilisés issus de cette initiative, dotés d’optiques comparables à celles du télescope spatial Hubble.
Ce legs inattendu a permis à l’agence spatiale d’alléger considérablement les coûts de développement d’une mission alors connue sous le nom de WFIRST.
Une puissance d’observation inédite pour traquer l’énergie noire et les exoplanètes
Une fois opérationnel au point L2, Roman combinera un champ de vision cent fois plus étendu que celui de Hubble et une caméra infrarouge de 300 mégapixels composée de 18 détecteurs, permettant de cartographier de vastes portions du cosmos en un temps record. La mission se fixe trois grands objectifs scientifiques : cartographier l’énergie noire, sonder la matière noire et recenser de nouvelles exoplanètes.

Pour identifier ces mondes lointains, l’observatoire aura recours à la technique de la microlentille gravitationnelle.
Julie McEnery, scientifique principale de la mission Roman à la NASA, a indiqué qu’elle considérait cela comme de la magie faite de physique.
Des tests rigoureux et une revue d’aptitude au vol décisive
Avant d’être acheminé vers la Floride, l’observatoire a subi une série d’épreuves rigoureuses au Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, dans le Maryland. Le module a notamment passé avec succès des tests d’interférence électromagnétique en janvier, des essais de vibration sur table vibrante en février pour simuler la violence du décollage, ainsi qu’un test acoustique en mars atteignant 138 décibels, soit le volume d’un réacteur d’avion à trente mètres de distance, d’après les précisions de la NASA.
Les équipes techniques procéderont à une revue d’aptitude au vol ce vendredi 28 août 2026 afin de valider le dernier feu vert avant la mise à feu dominicale. Si le calendrier est respecté, Roman entamera une mission principale d’une durée de cinq années, ouvrant potentiellement une nouvelle ère pour la cosmologie moderne face aux tensions observées entre les mesures de l’univers jeune et celles de l’univers tardif.
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