Le ministre-président de la Région bruxelloise, Boris Dilliès, s’apprête à suivre une semaine d’immersion linguistique intensive en néerlandais au Ceran, un centre spécialisé situé à Spa, dans l’est de la province de Liège. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’un apprentissage à long terme destiné à perfectionner sa maîtrise de la langue, selon les informations de La Libre confirmées par son cabinet à BRUZZ.
Un bain linguistique intensif à Spa pour le ministre-président
Le début de la formation, initialement prévu pour un lundi, pourrait être légèrement décalé à mardi. Le ministre-président doit en effet assister lundi aux funérailles nationales d’Olivier Francotte, le pompier décédé lors d’une intervention consécutive à une explosion dans le centre de Bruxelles.
Les origines de la polémique et le défi du néerlandais à Bruxelles
Membre du parti libéral francophone MR et ancien bourgmestre d’Ukkel, Boris Dilliès est entré en fonction en tant que dirigeant de la région le 14 février dernier, après un appel téléphonique de Georges-Louis Bouchez. Lors de sa prestation de serment, ses premiers échanges avec la presse avaient révélé de grandes difficultés en néerlandais, se limitant à répondre We zullen zien
aux questions concernant ses projets pour la capitale. Cette sortie avait rapidement provoqué de vives réactions et des critiques acerbes tant dans la presse et au sein de la classe politique flamande qu’auprès de nombreux citoyens francophones, le néerlandais étant l’une des langues officielles de Bruxelles aux côtés du français.
Des personnalités politiques, telles que le ministre de la défense de la N-VA Theo Francken, n’avaient pas hésité à déclarer que Dilliès devait chercher un autre travail s’il ne voulait pas apprendre la langue. Conscient de l’enjeu, le chef de l’exécutif bruxellois a pris la mesure des critiques, soulignant que les Bruxellois pouvaient attendre de lui une bonne connaissance du néerlandais, qu’il qualifie d’essentielle.
Une méthode d’immersion totale axée sur la communication orale
La formation dispensée par le centre de Spa repose sur une formule intensive et exigeante. Les cours se déroulent quotidiennement de 8 h 30 à 21 h 30, représentant un total de 60 heures sur une semaine pour un tarif affiché débutant à 4 895 euros, comme le relaye bx1.be. L’approche privilégie l’expression orale et les mises en situation concrètes par rapport à l’apprentissage théorique de la grammaire, englobant également les repas du soir et les activités culturelles en immersion complète.

Plusieurs figures politiques et publiques ont par le passé eu recours à cet organisme pour se perfectionner, à l’instar d’Ahmed Laaouej lorsqu’il était bourgmestre de Koekelberg, de l’ancien ministre Didier Reynders, ou encore de la reine Máxima des Pays-Bas. L’entourage de Boris Dilliès insiste sur le fait que ce séjour ne constitue pas un one-shot
, l’intéressé prenant des cours depuis le début de son mandat et ayant également recours à l’écoute de podcasts politiques néerlandophones.
Enjeux politiques et discrétion affichée
Bien que l’objectif politique demeure d’acquérir un niveau suffisant pour interagir sereinement au Parlement bruxellois et effacer l’ombre persistante de son faux pas initial, le cabinet a choisi de ne pas orchestrer l’événement médiatiquement. Aucune grande campagne d’interviews sur les plateaux de la VRT ou de la VTM n’est prévue pour cette formation, afin de permettre au ministre-président de se consacrer pleinement à son apprentissage dans le calme.

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