Sa voiture a été retrouvée à Saint-Eustache après une rencontre mystérieuse. La Sûreté du Québec privilégie l’hypothèse d’une purge interne au sein de l’organisation criminelle, alors que sa résidence a récemment été la cible d’un incendie criminel.
La mystérieuse disparition de Stéphane Plouffe, figure clé du crime organisé québécois, mobilise les services de police provinciaux. Surnommé « fesse » dans le milieu interlopes, l’homme de 57 ans n’a plus donné signe de vie depuis le lundi 3 août selon les informations de La Presse. Reconnu comme le numéro 2 du chapitre de Montréal des Hells Angels aux côtés de Martin Robert, le motard dirigeait traditionnellement des activités liées à l’extorsion et à la collecte de dettes dans la région.
Une dernière rencontre à Saint-Eustache avant un silence radio
Il s’y trouve en compagnie d’un autre membre en règle des Hells Angels montréalais et d’un individu lié à la pègre libanaise.

Les enquêteurs établissent que le motard se serait ensuite rendu sur le territoire de Kanesatake, constituant le dernier endroit où il a été aperçu vivant. Son véhicule est découvert un peu plus tard aux abords d’un parc à Saint-Eustache, à plus d’une vingtaine de kilomètres de là, après y avoir été conduit par une tierce personne. Parallèlement, l’individu lié au crime organisé libanais quitte le pays, mais est intercepté à l’aéroport Montréal-Trudeau par des policiers qui fouillent son téléphone avant de le laisser s’envoler.
La piste de la purge interne privilégiée par la Sûreté du Québec
Face au silence persistant et à l’absence de collaboration de la part de la famille, le dossier est transféré au Service des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec. Les enquêteurs spécialisés en crime organisé et en homicides examinent de près les circonstances de cette absence prolongée.
Au sein des différentes escouades policières, la thèse d’un règlement de comptes à l’interne s’impose rapidement. Un membre en règle des Hells Angels indique sous le couvert de l’anonymat aux journalistes que le motard a vraisemblablement commis une erreur majeure menaçant la sécurité ou les finances de l’organisation. Cette hypothèse rappelle un scénario similaire examiné par les autorités, soit la disparition de Nicolas David Carroll survenue en mai 2025.
Une résidence visée par des cocktails Molotov à Saint-Joseph-du-Lac
Le climat d’insécurité autour du clan s’accentue lorsqu’une attaque incendiaire cible la résidence cossue de Stéphane Plouffe à Saint-Joseph-du-Lac, évaluée à plus de 2 millions de dollars. Au moins deux suspects font irruption en pleine nuit pour lancer au moins huit cocktails Molotov contre la porte d’entrée et les fenêtres renforcées.

Un appel a été fait au 911 vers 3 h 20 du matin. Il y a eu un incendie criminel qui a causé des dommages mineurs. La maison était occupée au moment du crime, mais heureusement, personne n’a été blessé
, précise Brigitte Barabé, directrice adjointe de la Régie de police du Lac des Deux-Montagnes, selon les précisions apportées à La Presse.
Malgré la notoriété du propriétaire, l’enquête sur cet incendie demeure gérée par la police locale du Lac des Deux-Montagnes, les autorités estimant pour l’instant qu’elle ne présente pas de lien direct établi avec la disparition du motard. Le fils de Plouffe et la conjointe de ce dernier, présents à l’intérieur pendant l’attaque captée par les caméras de surveillance, s’en sortent indemnes.
Un parcours marqué par de lourds antécédents judiciaires
Membre en règle des Hells Angels depuis 1999 et ancien président des Death Riders durant la guerre des motards des années 1990, Stéphane Plouffe possède un dossier judiciaire bien rempli. Il a notamment écopé d’une peine de plus de 11 ans de pénitencier après avoir plaidé coupable à un complot de meurtre à la suite de l’opération SharQc menée en avril 2009, avant d’obtenir sa libération en 2015.
Les sources policières soulignent également son implication dans des enquêtes sur le trafic de stupéfiants, telles que l’opération Ravager, bien qu’aucune nouvelle accusation n’ait été officialisée à ce sujet. Alors que les spéculations vont bon train dans le milieu interlope, la Sûreté du Québec poursuit ses investigations pour faire lumière sur ce qui s’est réellement passé après le passage du motard à Kanesatake.
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