La première rame électrique régionale PESA, fabriquée en Pologne pour les chemins de fer roumains, a connu des débuts difficiles sur la ligne Bucarest-Brașov. Le train a affiché près d’une heure de retard et des dysfonctionnements majeurs de la climatisation, alors que le gouvernement s’efforce de débloquer des parcs de rames immobilisées.
Des débuts mouvementés sur la ligne Bucarest-Brașov
Le trajet inaugural de la nouvelle rame électrique régionale fabriquée en Pologne par PESA a suscité la déception des voyageurs. Partie de la capitale, la garniture a accusé près d’une heure de retard à l’arrivée en gare de Brașov. En plus de cet horaire non tenu, les usagers ont dû faire face à des températures excessives à bord, en raison d’une défaillance du système de climatisation qui a transformé les voitures en fournaise, selon les témoignages recueillis sur place.
Cette liaison inaugurale s’inscrit dans le cadre d’un premier lot de cinq rames livrées à l’opérateur national CFR Călători. D’après les autorités de tutelle, les quatre autres rames de ce premier ensemble doivent être mises en service dans les prochains jours sur d’autres axes majeurs, notamment les liaisons reliant Bucarest Nord et Bucarest Obor à Constanța, ainsi que le segment entre Constanța et Fetești.
Les coulisses d’un déblocage ministériel dans les gares
La mise en circulation de ces rames intervient après une période d’immobilisation prolongée qui avait poussé le ministère des Transports à intervenir. Plus tôt dans l’année, le ministre par intérim des Transports, Radu Miruță, avait exprimé son indignation en découvrant de nouvelles rames stationnées sans rouler. Selon ses déclarations de l’époque, les trains stockés à la gare de Bucarest Obor risquaient de se détériorer au soleil en raison de blocages administratifs entre les services de l’État et les industriels, alors même que le parc roulant existant souffre d’un manque criant de confort.
Pour sortir de cette impasse, un accord a été trouvé entre le ministère, l’Autorité roumaine ferroviaire (ARF) et le constructeur polonais Profit.ro. Les termes de cet avenant contractuel prévoient le versement de 95% de la valeur de chaque train, les 5% restants étant conservés sous forme de garantie financière. Cette retenue vise à contraindre le fournisseur à respecter ses obligations en matière d’infrastructures de maintenance.
Le dossier financier et les exigences de maintenance
Le projet global d’acquisition des rames régionales s’appuie sur un financement européen substantiel. L’achat de 62 rames électriques régionales est ainsi soutenu par le Fonds pour la modernisation, complété par un cofinancement provenant du budget de l’État roumain. L’enveloppe financière globale s’élève à 2.777.369.677,05 lei, soit l’équivalent de 561.277.545,23 euros.

| Allocation financière | Montant en lei | Équivalent en euros |
|---|---|---|
| Valeur éligible (Fonds pour la modernisation) | 2.326.921.993,03 lei | 470.246.750,00 € |
| Budget propre (État roumain) | 450.447.684,02 lei | 91.030.795,23 € |
| Total du projet | 2.777.369.677,05 lei | 561.277.545,23 € |
Toutefois, la mise en œuvre de ces contrats s’est heurtée à des manquements contractuels initiaux. Le fournisseur n’avait pas aménagé les trois halles d’entretien requises avant la livraison des rames. En attendant la construction des installations définitives prévues par les accords, le constructeur envisage d’utiliser temporairement un espace loué à l’entreprise CFR Marfă au sein du dépôt de Bucarest Triaj.
Numérisation des indemnisations et bilan des retards ferroviaires
Parallèlement à ces déploiements de matériel neuf, les usagers du réseau ferroviaire font face à des bilans de ponctualité lourds.

Pour atténuer les difficultés des passagers concernés par ces perturbations sur les liaisons internationales, le ministère a introduit un changement administratif important. Un formulaire numérique a été mis en ligne pour simplifier le recours aux indemnisations en cas de retard supérieur à soixante minutes. Auparavant, les voyageurs devaient accomplir des démarches physiques complexes avec des dossiers papiers en gare pour faire valoir leurs droits.
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