La politique commerciale et technologique de l’administration américaine franchit un nouveau cap. Le gouvernement a officiellement ajouté les robots humanoïdes et quadrupèdes à la liste des produits et des sociétés dont l’importation est interdite aux États-Unis. Cette décision, rapportée par le régulateur américain des télécommunications, la FCC, vise des équipements qualifiés d’appareils robotiques avancés
.
Les raisons de l’interdiction de la FCC et les craintes de sécurité nationale
Cette décision s’appuie sur les conclusions directes d’un groupe de travail réuni par la Maison-Blanche. Selon ce rapport, les machines construites à l’étranger menacent la sécurité et la sûreté des citoyens américains.
Les agences dédiées à la sécurité nationale alertent sur le fait que ces robots pourraient créer des points de fragilité dans la chaîne d’approvisionnement à même de perturber la sécurité économique et nationale des États-Unis. Les autorités redoutent également un risque de cybersécurité susceptible de menacer les infrastructures américaines cruciales.
Pour illustrer ces vulnérabilités, le groupe de travail a mentionné le cas du programmeur français Sammy Azdoufal. Ce dernier a rapporté avoir accédé par accident aux données de 7 000 robots aspirateurs du fabricant chinois DJI.
Impact sur la filière industrielle et exemptions du ministère de la Défense
Dans sa configuration actuelle, la majorité des robots humanoïdes développés à travers le monde trouvent leurs débouchés dans des applications industrielles strictes, confinées à des usines automobiles ou des entrepôts de stockage. L’interdiction annoncée ne s’applique toutefois qu’aux nouveaux modèles, épargnant les dispositifs déjà vendus ou autorisés sur le sol américain.
Sont également exclus de cette interdiction stricte les robots autorisés par le ministère américain de la Défense, l’administration estimant que ces derniers n’impliquent pas de risques inacceptables
. Parallèlement, la FCC a intégré à cette même liste d’exclusion les onduleurs de fabrication étrangère, des composants indispensables pour convertir le courant continu de batteries ou de panneaux solaires en courant alternatif pour le réseau électrique.
La riposte de Pékin et la stratégie de relocalisation de l’industrie américaine
Cette barrière réglementaire s’inscrit dans une volonté affirmée de l’administration américaine de relancer la production industrielle nationale. Plusieurs acteurs locaux renforcent leurs capacités d’assemblage ou de fabrication. Boston Dynamics prévoit la construction d’une usine américaine visant une capacité de 30.000 unités par an, tandis que Tesla prépare la production de son robot Optimus à Fremont en Californie et à Austin au Texas. De son côté, Figure AI assemble déjà ses séries dans son usine de San Jose.


En réaction directe à cette offensive douanière et sécuritaire, le gouvernement chinois a vivement contesté la mesure. Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a pris la parole lors d’un point de presse régulier.
Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré que la Chine a toujours fermement dénoncé la tendance des États-Unis à invoquer abusivement la sécurité nationale pour réprimer les entreprises chinoises.
La diplomatie chinoise a également souligné que le protectionnisme n’améliore en rien la compétitivité américaine et qu’il ne fait que nuire aux intérêts des entreprises et des consommateurs américains, tout en garantissant que Pékin mettra en œuvre les mesures nécessaires
pour protéger ses sociétés.
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