Nofar Energy face à des contestations de l’Autorité des valeurs mobilières

La société d’énergie renouvelable Nofar Energy, contrôlée par Ofer Yannai, fait face à des contestations de l’Autorité israélienne des valeurs mobilières concernant l’interprétation de sa dette financière nette.

La société d’énergie renouvelable Nofar Energy, menée par son fondateur et PDG Ofer Yannai, traverse une période de forte expansion et de levées de fonds qui ont porté son action à un niveau record, selon les informations rapportées par le site Globes. Toutefois, cette dynamique se heurte aujourd’hui à un obstacle réglementaire majeur. L’entreprise est confrontée à des contestations de la part de l’Autorité israélienne des valeurs mobilières au sujet de la méthode qu’elle emploie pour interpréter et publier ses engagements financiers.

Le cœur du litige : le calcul de la dette financière nette chez Nofar Energy

Au centre du désaccord entre l’Autorité des valeurs mobilières et Nofar Energy figure la notion de « dette financière nette ». D’après le journal Globes, la direction de Nofar estime que l’acte de fiducie des obligations lui permet de neutraliser à la fois la dette contractée en tant que financement d’actionnaires (fonds propres ou prêts) pour un projet donné et la dette senior prise par ce même projet, et ce jusqu’à concurrence des coûts de construction. Cette neutralisation ne s’applique pas si la dette senior a pour but de remplacer le financement des actionnaires.

À l’inverse, l’Autorité des valeurs mobilières soutient qu’une fois qu’une dette senior est allouée à un projet, quel qu’en soit le montant, la société perd le droit de neutraliser le financement des actionnaires pour ce même actif. L’autorité régulatrice justifie cette position en arguant que l’arrivée d’un créancier supplémentaire élève le risque pesant sur les obligataires quant à la capacité de remboursement de ce actif, d’après les précisions de Globes.

Une menace de remboursement anticipé pour cinq séries d’obligations

Face à cette situation, Nofar Energy a annoncé la convocation d’une assemblée générale des porteurs de ses cinq séries d’obligations afin de faire valider sa propre interprétation de ses engagements.

Si la proposition de l’entreprise est rejetée par les porteurs, ces derniers pourraient exiger le remboursement immédiat de la dette, l’entreprise ne respectant pas les ratios financiers requis sous le prisme de l’interprétation stricte de l’Autorité. En effet, la réglementation impose que le ratio entre la dette financière nette consolidée et l’EBITDA soit inférieur à 15 pour les séries A à D, et inférieur à 18 pour la série E, des seuils que Nofar enfreint selon la lecture de l’organisme de régulation, d’après les données de Globes.

La réaction de Midroog et les soutiens juridiques et financiers de Nofar

L’agence de notation financière Midroog s’est saisie du dossier en plaçant la note de Nofar Energy ainsi que celle de ses cinq séries d’obligations sous surveillance (Credit Review) avec des implications négatives, selon les informations relayées par Globes. Actuellement, la société et l’ensemble de ses obligations disposent d’une notation A3.il. Midroog a toutefois précisé que si les assemblées de porteurs approuvent la formule de l’entreprise, aucune conséquence négative ne devrait affecter la notation globale de Nofar.

Lors d’une conversation menée avec les obligataires, Ofer Yannai et les dirigeants de Nofar ont cherché à clarifier leur position. Le fondateur et PDG a déclaré : La interprétation a été adoptée sous les précédents directeurs généraux de l’entreprise, qui ont quitté leurs fonctions l’année dernière, mais j’y adhère. Ofer Yannai a également ajouté : Quand je suis entré en fonction, nous avons examiné la question et avons décidé que nous étions à l’aise avec cette compréhension, tel que le rapporte Globes.

Pour asseoir sa défense, Nofar s’appuie sur des avis juridiques et comptables émanant du cabinet d’avocats Herzog, de la firme d’audit EY et du cabinet de conseil financier MNS, tout en soulignant que d’autres entreprises publiques du secteur appliquent une logique similaire, d’après le média Globes. Les estimations du marché indiquent que les porteurs d’obligations, emmenés par les grands investisseurs institutionnels qui détiennent également des parts dans l’action, devraient valider l’approche comptable de Nofar, aucun d’entre eux n’ayant formulé d’objection ou de question lors de la récente réunion organisée par la société.

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