Toutefois, la prochaine grande mission de l’agence spatiale américaine déroge à cette habitude. La NASA a annoncé que le Nancy Grace Roman Space Telescope pourra partir dans l’espace le 30 août 2026. Ce lancement intervient ainsi avec huit mois d’avance sur l’échéance initiale, qui prévoyait un départ en mai 2027.
La NASA avance le lancement du télescope spatial Nancy Grace Roman
Ce calendrier a connu plusieurs ajustements. Alors qu’un premier décalage vers mai 2027 avait été fixé, l’agence spatiale avait indiqué en avril 2026 que le vol pourrait avoir finalement lieu dès septembre. Selon l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, le budget de la mission se situe même en deçà des prévisions initiales, sans qu’un montant précis ne soit divulgué. Dans un document datant de 2024, le coût du projet avait été estimé à 4,3 milliards de dollars.
Une conception optique héritée de la surveillance militaire
Le Nancy Grace Roman Space Telescope, également désigné par les sigles NGRST ou RST, est nommé en l’honneur de Nancy Grace Roman, reconnue comme la « mère de Hubble » et première femme cadre de la NASA. Le télescope est doté d’un miroir principal de 2,4 mètres, une dimension qui rapproche sa conception de celle du télescope spatial Hubble, d’après les informations rapportées par Spektrum der Wissenschaft.
Les miroirs principal et secondaire proviennent toutefois d’une source inhabituelle : ils ont été fournis par le US National Reconnaissance Office (NRO), l’organisme chargé des satellites de reconnaissance militaire. Issus d’un programme abandonné, ces composants possèdent une focale nettement plus courte que celle de Hubble. Par conséquent, le champ de vision du nouvel instrument est environ 100 fois plus vaste que celui de son prédécesseur, ce qui le rend particulièrement performant pour les vastes durchmusterungen (himmelsdurchmusterungen) ou relevés célestes.
L’observatoire intègre une caméra de 300 mégapixels avec un champ de vision de 0,28 quadratgrad (degrés carrés) pour observer le ciel dans l’infrarouge. Il dispose également d’un coronographe destiné à masquer la lumière des étoiles afin de faciliter la détection et l’imagerie directe d’exoplanètes. L’ensemble a été construit par la société aérospatiale L3Harris Technologies à Rochester, dans l’État de New York, avant d’être assemblé et préparé au Goddard Space Flight Center de la NASA.
Destination et objectifs scientifiques de la mission
Avant son départ, l’observatoire doit être préparé pour son transport. Les équipes d’ingénieurs procèdent à son emballage au Centre spatial Goddard, situé à Greenbelt dans le Maryland, en vue de son acheminement vers le Centre spatial Kennedy en Floride. Sur place, l’engin sera manipulé dans le Payload Hazardous Servicing Facility, un bâtiment sécurisé où les composants seront vérifiés, les réservoirs chargés en carburant et l’appareil préparé pour son intégration dans le lanceur. C’est une fusée Falcon Heavy de SpaceX qui aura la charge de propulser l’observatoire.


Contrairement à Hubble qui évolue en orbite autour de la Terre, le Nancy Grace Roman Space Telescope sera placé sur le point de Lagrange L2, une zone située « à environ 4 fois la distance entre la Lune et la Terre », dans la même région que le télescope James Webb. Sur cette orbite autour du Soleil, il restera en permanence positionné derrière la Terre par rapport à l’étoile.
Grâce à son large champ de vision, le télescope collectera la lumière de milliards de galaxies. Les chercheurs comptent exploiter ces données pour étudier des sujets fondamentaux en astrophysique, notamment la distribution de la mystérieuse énergie noire et de la matière noire, ainsi que la formation des planètes et l’observation d’exoplanètes.
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