La Cour suprême du Brésil a autorisé la police fédérale à enquêter sur Fábio Luís Lula da Silva, fils aîné du président Luiz Inácio Lula da Silva, pour des soupçons de trafic d’influence. Le chef de l’État a affirmé jeudi 30 juillet 2026 que son fils ne bénéficierait d’aucun privilège.
L’enquête, ouverte par un magistrat de la plus haute juridiction brésilienne, vise à éclaircir la possible intermédiation du fils aîné du président dans des négociations relatives à l’obtention de permis de commercialisation de cannabis médical. Cette procédure judiciaire intervient à l’approche du lancement officiel de la campagne pour les élections présidentielles d’octobre prochain, un scrutin dans lequel le dirigeant brésilien briguera un nouveau mandat.
L’enquête de la Cour suprême sur Fábio Luís Lula da Silva et le cannabis médical
Le juge de la Cour suprême André Mendonça a donné son feu vert à la police fédérale pour mener ces investigations, accédant ainsi à une requête des enquêteurs. Selon les informations diffusées par la presse, la justice soupçonne Fábio Luís Lula da Silva, communément appelé « Lulinha », d’avoir intercédé auprès du ministère de la Santé et du cabinet de la Présidence en faveur d’un lobbyiste et d’une empresseure.

Les investigations ciblent plus précisément le rôle qu’aurait joué Lulinha pour favoriser les démarches du lobbyiste Antônio Carlos Camilo Antunes et de l’entrepreneure Roberta Luchsinger. L’enquête se concentre sur les pressions ou interventions supposées pour faciliter l’accès à des autorisations commerciales dans des programmes de santé publique.
La réaction de Luiz Inácio Lula da Silva face aux accusations
Interrogé sur cette affaire lors d’une intervention sur le podcast « Inteligência Ltda. », le président brésilien a exprimé sa confiance en son fils tout en traçant une ligne claire entre sa fonction exécutive et le déroulement de la justice. Le dirigeant a garanti que son administration n’interviendrait pas pour faire obstacle aux procédures.
Le chef de l’État a insisté sur le fait que son fils no tendrá privilegios
et qu’il serait traité comme le fils de n’importe quelle personne. Dans le même entretien, le président a ajouté qu’il ne demanderait jamais à un policier ni à un juge de ne pas faire ce qui est correct. Le dirigeant a également rappelé les épreuves traversées par sa famille, mentionnant la mémoire de son épouse décédée, et a souligné que son fils sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur, selon les détails rapportés par les médias.
Les connexions avec le scandale de l’Institut national de la sécurité sociale
Le nom du fils aîné du président apparaît également dans le contexte d’un autre dossier retentissant instruit par les autorités. Le lobbyiste Antônio Carlos Camilo Antunes, impliqué dans le volet du cannabis medicinal, fait déjà l’objet de poursuites pénales dans un vaste réseau de corruption au sein de l’Instituto Nacional do Seguro Social (INSS), marqué par le détournement de prestations destinées aux retraités et pensionnés.

D’après les précisions apportées par les organes de presse, ce système frauduleux au sein de l’organisme de sécurité sociale aurait détourné des fonds importants. Bien que Lulinha ait été mentionné dans ce dossier connexe, il n’y figurait pas formellement comme objet d’enquête directe avant l’autorisation délivrée par le juge Mendonça pour le volet ministériel de la Santé.
L’avocat de la défense, Marco Aurélio de Carvalho, a vivement contesté la démarche de la police fédérale. Lulinha a déjà démontré qu’il n’a aucune relation, ni directe ni indirecte, avec l’INSS, a déclaré le conseil dans un communiqué repris par plusieurs sources régionales, qualifiant la nouvelle instruction judiciaire d’enquête exploratoire menée sans preuves tangibles après que les investigations sur la sécurité sociale n’aient rien donné.
Un calendrier politique sous haute tension électorale
Cette procédure judiciaire s’ouvre à un moment critique de la vie politique brésilienne, à la veille du démarrage officiel de la campagne pour le scrutin présidentiel d’octobre. Le président sortant, qui brigue un nouveau mandat non consécutif à la tête du pays, se positionne en tête des intentions de vote dans les sondages récents.
Ses opposants politiques incluent notamment le sénateur Flávio Bolsonaro, fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro. Ce dernier se trouve actuellement incarcéré dans le cadre de procédures liées à des accusations de tentative de coup d’État. Le chef de l’État a affirmé que les manœuvres judiciaires visant son entourage familial s’inscrivent dans une stratégie d’attaque politique contre sa propre personne à l’approche des urnes, tout en réitérant que si son fils s’avère impliqué, il va devoir prouver qu’il est innocent ou subir les conséquences de ses actes.
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