Sénat américain : vote prévu sur l’interdiction des constructeurs chinois

Le Sénat américain s’apprête à voter le 15 juillet sur une proposition de loi bipartite visant à interdire formellement l’accès des constructeurs automobiles chinois au marché américain. Cette initiative législative intervient alors que l’administration américaine intensifie son offensive contre la connectivité et les logiciels des véhicules conçus en Chine.

Le comité sénatorial du Commerce doit se prononcer le 15 juillet sur un projet de loi bipartisane destiné à renforcer le blocage des constructeurs automobiles chinois sur le marché américain, selon les informations rapportées par Reuters. Le texte a été proposé en avril par le sénateur républicain Bernie Moreno (Ohio) et la sénatrice démocrate Elissa Slotkin (Michigan).

Une législation pour codifier les restrictions de l’ère Biden

La mesure portée par Bernie Moreno et Elissa Slotkin vise à codifier une réglementation initialement imposée par l’administration Biden en janvier 2025. Cette dernière cherchait déjà à interdire aux constructeurs chinois la vente de véhicules de tourisme aux États-Unis. En parallèle, une version similaire du texte a été introduite par des élus à la Chambre des représentants.

Les dispositions de ce projet de loi ciblent directement les véhicules conçus en Chine qui intègrent des logiciels avancés ou des systèmes de connectivité sophistiqués. Selon les documents officiels et les rapports de l’époque, les restrictions de l’administration Biden ont été motivées par de profondes préoccupations de sécurité nationale, notamment en raison de la capacité de ces véhicules à collecter des données sensibles sur les propriétaires américains.

Justice committee: Climate change response (tort liability) amendment Bill
La pression accrue de la transition et les répercussions pour Polestar

Les barrières réglementaires et tarifaires se multiplient pour les constructeurs liés à la Chine. Bien que les automobiles chinoises fassent déjà face à des droits de douane élevés, les constructeurs ont su progresser sur d’autres marchés : des enquêtes récentes montrent un intérêt grandissant des consommateurs américains, tandis que les véhicules électriques chinois à bas prix ont conquis des parts de marché significatives au Mexique et en Europe.

Les répercussions de ce durcissement se font déjà concrètement ressentir. En juin, la marque Polestar a annoncé qu’elle était contrainte par l’administration Trump de cesser la commercialisation de ses véhicules aux États-Unis dès l’année modèle 2027, illustrant l’accélération de cette répression fédérale.

Le front uni des grands groupes automobiles et la position de la Chine

En mars, un regroupement d’associations de l’industrie automobile représentant la quasi-totalité des grands constructeurs mondiaux — incluant les trois grands de Detroit, Volkswagen, Hyundai et Toyota, ainsi que des fabricants de pièces et des concessionnaires — est intervenu auprès du gouvernement américain pour exiger le maintien des barrières contre les constructeurs chinois.

Un danger direct pour la compétitivité mondiale, la sécurité nationale et la base industrielle automobile de l’Amérique. Associations de l’industrie automobile

Ces organisations ont motivé leur démarche en soulignant les efforts persistants de Pékin pour dominer la fabrication automobile mondiale et s’immiscer sur le marché américain. De son côté, l’ambassade de Chine à Washington s’est opposée à plusieurs reprises aux mesures prises par les États-Unis pour restreindre l’accès de ses véhicules.

Si le président Donald Trump a indiqué en janvier qu’il ne s’opposait pas à ce que des constructeurs chinois implantent des usines de fabrication directement sur le sol américain, aucun changement officiel de politique n’a été annoncé à l’issue du sommet qui s’est tenu entre Donald Trump et Xi Jinping en mai.

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