Lindt & Sprüngli Ajuste Ses Prix Pour Relancer Ses Ventes En Europe

Confronté à un recul de ses ventes en Europe après des hausses de prix successives, le fabricant suisse de chocolat Lindt & Sprüngli annonce des corrections ciblées et des formats plus abordables pour relancer son activité, tout en maintenant ses ambitions sur les marchés nord-américain et international.

Les amateurs de douceurs chocolatées l’ont remarqué depuis plusieurs saisons : les tablettes et les célèbres lapins dorés ont vu leur étiquette s’alourdir de manière spectaculaire. Pour compenser l’envolée historique des cours mondiaux de la matière première, qui ont culminé à New York fin 2024 avant de fluctuer au gré des tensions géopolitiques et climatiques, le groupe dirigé par Adalbert Lechner a répercuté la hausse sur ses clients. Entre 2023 et le premier semestre 2026, les tarifs ont progressé à un rythme soutenu, atteignant notamment une augmentation moyenne de 11,8 Prozent à l’échelle du groupe au cours des six premiers mois de l’année selon les données financières publiées par le fabricant.

Un freinage net des ventes en Europe et un recul du volume

Mais cette politique tarifaire agressive a fini par heurter la limite de la patience des consommateurs européens. La direction concède avoir été surprise par la vigueur de la réaction sur certains marchés clés, en particulier en Allemagne, en Autriche, au Royaume-Uni et en Suisse, où la sensibilité à la variation des prix est traditionnellement très marquée selon les précisions recueillies par les médias helvétiques.

La période stratégique de Pâques, en particulier, a souffert de cette résistance des acheteurs, voyant certains produits phares bouder les caddies. L’analyste Daniel Bürki de la Banque Cantonale de Zurich qualifie cette baisse des volumes de conséquence directe des hausses tarifaires enchaînées ces dernières années, soulignant tout l’enjeu de redresser la barre sans brader la marque dans une note de marché transmise aux investisseurs.

La riposte du fabricant : baisses ciblées et petits formats

Face à ce ralentissement européen et à un chiffre d’affaires global qui fléchit de 0,9 Prozent à 2,33 milliards de francs suisses (environ 2,51 millions d’euros) en raison d’effets de change négatifs rapportés par l’agence de presse AWP, le groupe réagit. Le bénéfice net s’est certes accru pour s’établir à 191,7 millions de francs – surpassant les attentes des analystes qui tablaient sur un montant inférieur – mais la direction entend rectifier le tir commercialement selon la synthèse des résultats financiers.

Schokolade teurer: Lindt kämpft mit Umsatzrückgang in Europa
Photo: Blick

Adalbert Lechner, directeur général de Lindt & Sprüngli, a annoncé que le groupe allait proposer des corrections de prix ciblées.

Cette volonté d’ajustement s’accompagnera d’une diversification de l’offre en rayon. Pour s’adapter à des budgets plus serrés sans dégrader l’image de la marque, le chocolatier prévoit de commercialiser des emballages de grammage inférieur, à l’instar de boîtes de pralines Lindor de 100 grammes ou de 137 grammes qui viendront compléter les formats traditionnels de 200 et 500 grammes d’après les annonces faites par la direction.

Un contraste saisissant entre l’Europe et l’Amérique du Nord

La difficulté rencontrée par le groupe ne se manifeste toutefois pas partout avec la même intensité. Alors que les consommateurs du Vieux Continent font montre d’un refus net de payer au-delà d’un certain seuil, la clientèle d’outre-Atlantique et d’Asie conserve un appétit intact pour le segment haut de gamme selon l’analyse sectorielle de Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel.

Photo: Tages-Anzeiger
Région géographique Évolution organique des ventes (1er semestre 2026)
Amérique du Nord + 12,7 Prozent
Reste du monde + 10,2 Prozent
Europe – 2,1 Prozent

Cette dynamique transatlantique permet au groupe de maintenir des prévisions de croissance organique, bien que ce corridor ait été prudemment revu à la hausse ou à la baisse par rapport aux habitudes historiques de l’entreprise suite aux incertitudes macroéconomiques et aux soubresauts persistants des cours du cacao d’après le rapport d’activité semestriel.

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