Des associations de protection de l’environnement et de l’astronomie ont déposé une pétition auprès de la Federal Communications Commission pour bloquer les projets de mégaconstellations de centres de données spatiaux portés par SpaceX, Blue Origin et d’autres acteurs. Les opposants alertent sur les risques de pollution atmosphérique et visuelle jugés catastrophiques pour la planète.
L’industrie technologique lorgne désormais sur l’orbite terrestre pour répondre à ses besoins massifs en puissance de calcul. Alors que les projets de centres de données sur Terre se heurtent à une vive opposition publique, les géants de la tech ont commencé dès l’année dernière à imaginer des infrastructures orbitales.
Une pétition fédérale pour geler les licences
La requête demande au régulateur américain de suspendre l’attribution de nouvelles licences pour ces projets d’envergure, estimant que les démarches actuelles violent la loi fédérale.
Les requérants réclament la préparation d’une étude d’impact environnemental programmatique dans le cadre de la National Environmental Policy Act de 1970 (timesofindia.indiatimes.com). Cette législation historique impose d’évaluer les effets cumulés de plusieurs projets similaires avant toute approbation fédérale. Pour les associations, les promoteurs de ces technologies qualifiées d’épochales refusent d’examiner les répercussions écologiques, économiques ou scientifiques de leurs ambitions.
Les projets en lice et les échéances annoncées
La liste des entreprises engagées dans cette conquête spatiale numérique réunit les principaux acteurs de l’aérospatiale privée et du numérique. Du côté d’Amazon, le fondateur Jeff Bezos a qualifié le concept de very realistic
, bien que les délais restent à préciser.
En mars, la filiale de Jeff Bezos, timesofindia.indiatimes.com, a soumis ses plans à la FCC pour le déploiement de 51 600 satellites de centres de données dans le cadre de son initiative timesofindia.indiatimes.com. La mise en service de cette constellation, baptisée timesofindia.indiatimes.com, est programmée pour le quatrième trimestre 2027. Parallèlement, Alphabet participe par l’intermédiaire de Google à un projet d’infrastructure orbitale nommé timesofindia.indiatimes.com, en collaboration avec le fabricant de satellites Planet Labs.
Le risque d’un anneau artificiel autour de la Terre
Pour fonctionner en continu, ces structures doivent impérativement demeurer exposées à un ensoleillement permanent. Selon les experts interrogés par Space.com, cela implique de concentrer les engins dans un plan orbital unique qui suit la ligne du terminateur, la frontière séparant le jour et la nuit.

Hugh Lewis, professeur d’astronautique à l’Université de Birmingham, a indiqué que si l’on levait les yeux la nuit, ces satellites se trouveraient tous dans un même plan, extrêmement rapprochés et voyageant dans la même direction, et que l’impact sur le ciel nocturne serait absolument catastrophique.

Cette configuration engendrerait un phénomène visuel inédit. D’après les modélisations informatiques menées par des astronomes universitaires, le déploiement massif de ces flottes formerait une bande lumineuse comparable aux anneaux de Saturne, visible depuis la Terre entière.
Samantha Lawler, astronome à l’Université de Regina, a souligné que l’anneau passerait au-dessus de nos têtes à la même heure chaque nuit, ce qui signifie que son effet serait pire en hiver qu’en été.
Ce ruban lumineux traverserait le ciel deux fois par jour, entre 18h et 20h puis juste avant l’aube. Les scientifiques soulignent que la lumière diffusée par cette mégastructure continuerait à illuminer le ciel pendant près de deux heures après sa disparition sous l’horizon, réduisant considérablement l’efficacité des observations astronomiques menées par les télescopes financés par les contribuables.
Une pollution stratosphérique aux conséquences méconnues
Au-delà de la pollution visuelle, les impacts environnementaux à court et long terme préoccupent vivement la communauté scientifique. Steve Volz, ancien responsable du bureau des satellites de la National Oceanic and Atmospheric Administration (Theguardian), met en garde contre l’accumulation de résidus dans l’atmosphère. Lors du lancement et surtout lors de la désorbitation des engins — qui brûlent en rentrant dans l’atmosphère au bout de cinq à quinze ans —, les satellites libèrent du suie noire, de l’aluminium, des oxydes métalliques et divers polluants.
Ces rejets s’infiltrent directement dans la stratosphère, une couche particulièrement sensible de l’atmosphère terrestre. Les recherches menées fin 2023 ont permis de détecter des particules métalliques au sein des aérosols d’acide sulfurique qui régulent la température de la planète et protègent la couche d’ozone. Toutefois, l’interaction exacte entre ces métaux d’origine spatiale et la stratosphère demeure largement inexplorée, laissant planer un doute sérieux sur la stabilité climatique globale à l’heure où le secteur s’apprête à multiplier par ordres de grandeur le nombre d’objets en orbite.
Pour aller plus loin