La Commission européenne a infligé une amende record de 550 millions d’euros à AliExpress le 20 juillet. Cette sanction, la plus importante jamais imposée au titre du Digital Services Act (DSA), fait suite à l’incapacité de la plateforme chinoise à empêcher la vente de produits illégaux, contrefaits et dangereux sur son site.
Une sanction sans précédent sous le Digital Services Act
Ce montant dépasse largement les pénalités infligées précédemment à d’autres acteurs du numérique, notamment les 200 millions d’euros imposés à Temu en mai et les 120 millions d’euros réclamés à la plateforme X de Elon Musk en décembre.
Malgré l’ampleur de la somme, celle-ci représente moins de 1% du chiffre d’affaires annuel de 122 milliards d’euros généré par Alibaba, la maison mère d’AliExpress. La législation européenne permettait théoriquement à la Commission de fixer une amende allant jusqu’à 6% du chiffre d’affaires global.
Les défaillances systémiques identifiées par la Commission
L’enquête, qui a duré plus de deux ans, a révélé des lacunes graves dans la modération des contenus. Selon la Commission, AliExpress n’a pas mis en place les dispositifs nécessaires pour filtrer les produits illégaux, tels que des jouets dangereux, des cosmétiques non conformes ou des vêtements contrefaits.
La Commission a également souligné que les systèmes de recommandation et de publicité de la plateforme aggravaient la diffusion de ces articles. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne pour la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie, a insisté sur l’impératif de sécurité pour les consommateurs européens :

“Risks must be identified and addressed systematically to ensure consumers can safely shop online. Today, we are holding AliExpress to this standard and request it to take action.”
Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne
Les enquêteurs ont découvert que même après avoir été signalés, certains produits illégaux restaient en ligne pendant plusieurs semaines. Le manque de personnel dédié à la vérification des produits, où les modérateurs disposaient parfois de seulement tens of seconds
pour évaluer la conformité, a été pointé du doigt comme une cause majeure de ces manquements.
La réaction d’AliExpress et les prochaines étapes
AliExpress a immédiatement réagi en qualifiant la décision de la Commission de disproportionate
. Dans un communiqué, l’entreprise a contesté l’analyse des autorités européennes :
“We disagree with today’s decision and the disproportionate fine, which does not adequately reflect our established framework and the significant, proactive enhancements we have made.”
AliExpress
La plateforme a indiqué qu’elle examinait actuellement la décision et qu’elle envisageait considering all available options
. Pour la Commission européenne, le dossier ne s’arrête pas à cette amende. Le régulateur avait fixé une échéance au 20 octobre pour la mise en place de mesures correctives, et de nouvelles pénalités pourraient être envisagées si les efforts de la plateforme sont jugés insuffisants lors d’un prochain examen prévu en décembre.
Alors que la part de marché des plateformes comme Shein, Temu et AliExpress continue de croître — avec une base d’utilisateurs combinée de plusieurs centaines de millions en Europe — la pression de Bruxelles sur ces acteurs reste intense. Henna Virkkunen a d’ailleurs confirmé que d’autres enquêtes sont en cours, ciblant des entreprises comme Shein, afin de garantir que la taille des plateformes ne devienne jamais une excuse pour s’affranchir des règles de sécurité.
Sources: Theguardian, Srnnews.
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