Toronto enregistre la pire qualité de l’air au monde en raison des incendies
Toronto a enregistré mercredi la pire qualité de l’air au monde, selon la société de technologie suisse IQAir, alors qu’une épaisse fumée provenant de feux de forêt dans le nord-ouest de l’Ontario recouvre la plus grande ville du Canada d’un ciel jaunâtre. Environnement Canada a émis des avertissements de santé, classant l’indice de santé de la qualité de l’air à 10+, un niveau considéré comme un « risque très élevé ».

Une crise environnementale et climatique
La situation est exacerbée par une vague de chaleur extrême. Le centre-ville de Toronto a atteint 37,3 °C, battant un record vieux de trois décennies, tandis que les pistes de l’aéroport international principal ont enregistré une température de 55 °C. Selon Armen Araradian, d’IQAir, bien que la fumée des incendies soit le facteur principal de cette pollution atmosphérique, les températures anormalement élevées jouent également un rôle. Si le début de la saison des incendies a été plus lent que lors des années 2023 et 2025, la sévérité des événements météorologiques est perçue par les autorités comme un indicateur du changement climatique.

Conséquences humaines et évacuations
Les incendies ont provoqué des évacuations obligatoires dans plusieurs communautés des Premières Nations. Des images impressionnantes ont montré des membres de la communauté de Namaygoosisagagun fuyant par bateau à travers le lac Collins, tandis que la communauté de Collins a été dévastée par les flammes. Sol Mamakwa, membre du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario, a décrit la situation comme dévastatrice, précisant qu’une communauté entière a été effacée par ce désastre. Dans le nord de la province, près de la communauté d’Armstrong, une équipe de train de la compagnie Canadian National a été encerclée par des flammes intenses avant d’être évacuée en toute sécurité. La compagnie a suspendu ses opérations ferroviaires dans ce secteur par mesure de précaution.
Adaptation et risques pour la santé
Face à la dégradation de la qualité de l’air, la Ville de Toronto a annulé, reporté ou déplacé à l’intérieur de nombreux programmes extérieurs, incluant les camps de jour « CampTO » et le festival FIFA Fan Festival prévu au square Nathan Phillips. Les piscines extérieures de la ville ont également été fermées. Des mesures similaires ont été prises dans les municipalités voisines, comme à Brampton et à Vaughan, afin de protéger les enfants et le personnel. Environnement Canada prévient que la fumée peut causer des irritations aux yeux, au nez et à la gorge, ainsi que des maux de tête et de la toux. Les symptômes plus graves incluent des sifflements respiratoires, des douleurs thoraciques et une toux sévère.
Impact transfrontalier aux États-Unis
La fumée traverse la frontière et affecte une grande partie du nord-est des États-Unis. Des alertes à la qualité de l’air ont été émises dans le Michigan, le Minnesota, le Wisconsin, la Pennsylvanie, New York, le Connecticut, le Massachusetts, le Maine et le New Hampshire. Les autorités de New York ont exhorté les résidents à réduire les activités physiques en extérieur. Les prévisions indiquent que ces conditions dangereuses pourraient persister jusqu’à la fin de la semaine. Dan Westervelt, professeur associé à l’université Columbia, a souligné que les régions des Grands Lacs, de l’État de New York et de la Nouvelle-Angleterre pourraient encore subir une détérioration de la situation dans les prochains jours.
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