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Dépistage du cancer colorectal : Succès, mais limites pour le sein

by Camille Laurent - Santé
L'Integraal Kankercentrum Nederland réduit les cas de cancer colorectal

Le dépistage systématique du cancer ne constitue pas une solution universelle. Si le programme de dépistage du cancer colorectal lancé en 2014 a prouvé son efficacité, les experts soulignent que l’extension des tests pour d’autres types de cancers, comme celui du sein, se heurte à des limites cliniques et structurelles majeures.

L’Integraal Kankercentrum Nederland réduit les cas de cancer colorectal

Le succès du dépistage du cancer colorectal

Le programme de dépistage du cancer colorectal, instauré en 2014, est considéré par les spécialistes comme un modèle de réussite. Selon l’Integraal Kankercentrum Nederland (IKNL), le nombre de cas de cancer colorectal a chuté d’un cinquième au cours des treize dernières années. Mireille Broeders, professeure spécialisée en dépistage du cancer au Radboud UMC, explique que cette efficacité repose sur la détection des polypes, des excroissances de la muqueuse intestinale qui constituent un stade précurseur. Le beau côté de cela, c’est que si vous les enlevez, vous n’obtenez plus de cancer du côlon, précise Broeders. Si les polipes sont retirés, il faut une période significative avant que de nouvelles excroissances ne se forment.

Le succès du dépistage du cancer colorectal
Photo: Durfdenken

Le témoignage de patients illustre l’importance de ce suivi. Bert, un participant au programme, a découvert une tumeur après avoir reçu le kit de test par courrier. J’ai pensé immédiatement : ce n’est pas bon, confie-t-il, évoquant une enveloppe plus épaisse que d’habitude. Après une opération réussie dans un environnement médical qualifié de bain chaud avec uniquement des professionnels qui travaillent corps et âme pour vous guérir, il souligne : Si je n’avais pas eu cela, j’aurais peut-être été assis ici avec une tumeur dans mon intestin dont je n’avais aucune connaissance.

On voit après une décennie de hausse une cassure nette.

Le Federaal Kenniscentrum voor de Gezondheidszorg limite l’extension du dépistage mammaire

Pourquoi l’extension du dépistage du cancer du sein est déconseillée

Contrairement au cancer colorectal, le dépistage du cancer du sein présente des défis différents. Le Federaal Kenniscentrum voor de Gezondheidszorg (KCE) a récemment émis un avis défavorable concernant l’extension du programme actuel, qui cible les femmes âgées de 50 à 69 ans tous les deux ans. Selon le KCE, inclure des femmes plus jeunes ou plus âgées, ou ajouter des examens complémentaires comme l’échographie, n’apporterait pas de bénéfice de santé significatif. Les avantages limités ne compensent pas les inconvénients, affirme le KCE.

Le Federaal Kenniscentrum voor de Gezondheidszorg limite l'extension du dépistage mammaire
Photo: Avrotros

À ces limites cliniques s’ajoutent des contraintes logistiques. Mireille Broeders note que le système de santé fait face à un problème de capacité, avec trop peu de centres de dépistage et de laborants. Cela signifie que nous ne pouvons pas faire circuler les bus dans tous les Pays-Bas. Cela signifie qu’il y a maintenant un temps plus long entre les deux examens de dépistage, explique-t-elle.

Mireille Broeders évalue l’utilité clinique du test PSA pour la prostate

Défis techniques pour le cancer de la prostate

Le dépistage du cancer de la prostate reste un sujet de débat technique. Mireille Broeders indique que le test PSA, qui examine les valeurs sanguines, n’est pas assez spécifique pour identifier les cas nécessitant une intervention urgente. L’intégration de l’IRM pourrait aider à distinguer les cancers agressifs de ceux qui ne causeront jamais de problèmes de santé. Un nouveau projet de recherche, sur lequel Broeders fonde des espoirs, devrait fournir des informations pour évaluer la viabilité d’un futur dépistage systématique de la prostate aux Pays-Bas.

Le dépistage du cancer colorectal, à partir de 50 ans, c’est tous les 2 ans

Martijn Planken mobilise les Néerlandais contre les risques liés à l’alcool

Au-delà du dépistage : prévention et personnalisation

La lutte contre le cancer doit inclure une prévention primaire accrue. Martijn Planken, expert en modération de l’alcool et responsable du projet “Dry January” aux Pays-Bas, note qu’environ 1,2 million de Néerlandais participent à cette initiative pour s’abstenir de boire. Selon Planken, les bénéfices sont immédiats : meilleur sommeil, forme physique accrue, économies financières et amélioration de la peau. À long terme, une partie des participants réduisent leur consommation et une autre partie arrête complètement. L’IKNL souligne que, bien que l’arrêt total soit idéal, il faut proposer des scénarios réalistes, car beaucoup ignorent le lien entre l’alcool et divers cancers.

Martijn Planken mobilise les Néerlandais contre les risques liés à l'alcool
Photo: Nporadio1

Parallèlement, la prise en charge des patients évolue vers le sur-mesure. Le concept de traitement universel est devenu obsolète. Chaque tumeur présente des caractéristiques uniques, nécessitant des thérapies combinées — immunothérapie, chimiothérapie ADC, ou thérapies ciblées — déterminées par des équipes multidisciplinaires. L’époque du “one size fits all” est révolue, laissant place à des parcours de soins individualisés. Enfin, la confiance du public demeure un enjeu, particulièrement après le datalek bij Clinical Diagnostics exposant les données de 850 000 participants. Il est recommandé aux personnes ayant des préoccupations de santé de consulter des professionnels qualifiés.

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