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La chenille processionnaire du chêne détectée à Copenhague menace Scanie

Le Folketing danois face à l'installation de la chenille sur l'île d'Amager

La chenille processionnaire du chêne, surnommée « chenille de l’enfer » en raison de ses poils urticants, a été détectée sur l’île d’Amager à Copenhague. Cette présence, à quelques kilomètres seulement du pont de l’Øresund, fait craindre aux experts une propagation imminente vers la Scanie, en Suède, poussée par le réchauffement climatique et les échanges commerciaux.

Le Folketing danois face à l’installation de la chenille sur l’île d’Amager

La découverte de la chenille sur l’île d’Amager, qui abrite une partie de la municipalité de Copenhague et constitue le point de départ du pont de l’Øresund, marque un tournant dans la surveillance de l’espèce. Selon les informations rapportées par Omni, la situation est désormais prise au sérieux par les autorités danoises, le Folketing prévoyant d’élaborer un plan d’action après l’été. « Nous avions espéré que l’arrivée de la processionnaire du chêne à Copenhague prendrait plus de temps. Mais elle est maintenant ici », a déclaré la municipalité de Copenhague dans un communiqué.

Le Folketing danois face à l'installation de la chenille sur l'île d'Amager

Au début du mois, les médias danois ont signalé la présence de ces larves dans sept municipalités sur l’île de Fionie (Fyn), où la situation était particulièrement critique autour d’Odense. Le journal BT a rapporté la fermeture de jardins d’enfants, des cas de jeunes enfants couverts d’éruptions cutanées, et des familles ayant dû évacuer leur domicile pour échapper aux larves. Didrik Vanhoenacker, biologiste de service au Musée suédois d’histoire naturelle, précise : « Si elle s’est propagée là-bas et qu’elle s’est établie, il ne faudra pas longtemps avant qu’elle n’apparaisse en Scanie. »

Les propriétés urticantes des poils microscopiques de la chenille

Le danger principal de cette larve, longue de trois à quatre centimètres, réside dans ses poils microscopiques, munis de crochets, qui se détachent facilement et peuvent être transportés par le vent sur plusieurs kilomètres. Ces poils peuvent causer une toux, des maux de gorge, une démangeaison intense, des rougeurs, des inflammations et des cloques remplies de liquide, pouvant aller jusqu’à des lésions tissulaires. Comme l’explique Didrik Vanhoenacker : « Les poils ont des crochets et pénètrent la peau, mais ils contiennent aussi un poison qui provoque ces éruptions et ces problèmes. » Les papillons adultes, quant à eux, ne possèdent pas ces poils toxiques, mais sont responsables de la ponte des œufs dont les larves éclosent au printemps.

Mats Wirén et les services municipaux de Malmö face au risque de propagation

Si l’espèce n’est pas encore classée comme invasive au niveau national, les autorités locales en Suède ne restent pas passives. À Malmö, les services municipaux anticipent cette arrivée depuis deux ans. Mats Wirén, écologue communal, confirme que l’établissement de la chenille sur Amager rend nécessaire l’élaboration d’un plan d’action concret. Le travail de prévention repose actuellement sur deux axes : le contrôle des importations de plants de chênes en provenance d’Europe, où les œufs, très difficiles à repérer, peuvent être dissimulés, et la préparation de protocoles de gestion.

CHENILLES PROCESSIONNAIRES
Mats Wirén et les services municipaux de Malmö face au risque de propagation
Photo: Omni – Alla nyheter. Alla perspektiv.

Parmi les mesures envisagées figurent l’utilisation de pièges à phéromones pour empêcher la reproduction, l’aspiration des larves avec des aspirateurs spéciaux, ou l’injection de mousse dans les nids pour contenir les poils lors de la collecte. Cajza Eriksson, coordinatrice de la lutte contre les espèces invasives au conseil administratif du comté de Scanie, tempère toutefois l’alarme en rappelant la nature cyclique des populations : « Il peut y avoir deux ou trois années de ce qu’on appelle des apparitions massives, puis elle disparaît presque complètement pendant une assez longue période avant de nouvelles apparitions massives. »

Les nichoirs et guêpes parasitoïdes promus par Didrik Vanhoenacker

Pour limiter la propagation, des solutions fondées sur la biodiversité sont suggérées. Didrik Vanhoenacker explique qu’en Allemagne et aux Pays-Bas, la lutte biologique a connu un certain succès. Il est possible d’installer des nichoirs pour attirer les petits oiseaux qui consomment les larves au stade précoce, avant qu’elles ne développent leurs poils urticants. La plantation de fleurs le long des routes et des fossés peut également stimuler la présence de guêpes parasitoïdes, qui pondent leurs œufs dans les larves pour les éliminer de l’intérieur.

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