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CGT appelle au dialogue après l’élection d’Abelardo De La Espriella

La CGT et l’appel au dialogue institutionnel

La Confédération générale du travail (CGT) et la Centrale unitaire des travailleurs (CUT) ont exprimé des positions divergentes suite à l’élection d’Abelardo De la Espriella à la présidence de la Colombie. Tandis que la faction de la CGT dirigée par Jorge Díez appelle au dialogue, la CUT se déclare en « complète opposition » face à ce qu’elle qualifie de gouvernement « fasciste ».

La CGT et l’appel au dialogue institutionnel

Au sein de la CGT, la faction représentée par Jorge Díez a officiellement reconnu les résultats du scrutin du 21 juin, soulignant que le processus électoral a désigné Abelardo De la Espriella comme nouveau président et José Manuel Restrepo comme vice-président. Malgré une division interne au sein de la centrale syndicale, cette branche a affirmé respecter la volonté citoyenne exprimée dans les urnes.

La CGT et l’appel au dialogue institutionnel
Photo: RTVE.es

L’organisation ne s’est pas limitée à une reconnaissance formelle. Elle a formulé des exigences précises pour le futur mandat, réclamant notamment une priorité budgétaire pour les régions périphériques du pays. La CGT soutient que le résultat serré de l’élection révèle une « profonde iniquité » et un pays divisé, nécessitant des investissements accrus dans l’infrastructure sociale, la santé et l’éducation. Dans le cadre du système politique colombien, les centrales syndicales jouent traditionnellement un rôle de contre-pouvoir lors des négociations salariales annuelles et des réformes du code du travail. La position de la faction Díez s’inscrit dans une logique de pragmatisme institutionnel, visant à maintenir un canal de communication ouvert avec le palais de Nariño pour éviter une marginalisation totale des revendications ouvrières durant les quatre prochaines années.

La CUT annonce une opposition frontale

À l’opposé, la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), sous la présidence de Fabio Arias, a adopté une posture de résistance immédiate. Dans un communiqué relayé par Infobae, le syndicat a qualifié le gouvernement à venir de « néolibéral » et « mû par la haine et la persécution de l’adversaire ».

La CUT annonce une opposition frontale
Photo: Infobae

La centrale syndicale s’inquiète particulièrement de la politique étrangère annoncée. Elle dénonce une « ingérence américaine inacceptable » et craint que l’adhésion de la Colombie au projet « Escudo de las Américas » ne serve à subordonner les intérêts de l’Amérique latine aux directives géopolitiques de Washington. Ce projet, au cœur des débats électoraux, est perçu par la CUT comme une rupture avec la tradition de non-alignement prônée par une large part du mouvement social colombien.

« La Central Unitaria de Trabajadores (CUT) se ha mostrado su total rechazo al próximo Gobierno del ultraderechista Abelardo de la Espriella, ganador de las elecciones presidenciales en Colombia por un estrecho margen, al considerar que será movido por el odio y la persecución al adversario. »

CUT, via Infobae

Risques pour les droits humains et le mouvement social

La CUT exprime des craintes historiques, rappelant des épisodes de violence passés pour illustrer le danger qu’elle perçoit. Selon RTVE, le président du syndicat, Fabio Arias, estime que l’arrivée de la « ultradroit » au pouvoir équivaut à un retour vers un passé répressif. Le syndicat a explicitement cité les « 7.837 faux positifs » survenus sous le gouvernement d’Álvaro Uribe et la répression lors de l’estallido social sous Iván Duque comme des précédents alarmants.

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Cette rhétorique souligne la polarisation extrême qui traverse la société civile. En Colombie, l’histoire des mouvements syndicaux a été marquée par des niveaux élevés de violence, et la crainte d’une criminalisation de la protestation sociale est une préoccupation constante relayée par les organisations internationales de défense des droits humains. Le climat actuel, caractérisé par une méfiance réciproque, fait craindre aux analystes politiques une intensification des tensions dans les rues dès l’investiture officielle.

« Esta política de estigmatización ya está siendo anunciada por el señor Abelardo De la Espriella contra el sindicalismo, Fecode, los periodistas y otros sectores sociales y políticos. En una frase: destripar a la izquierda y perseguir a la oposición, rasgos característicos del fascismo. »

Risques pour les droits humains et le mouvement social
CUT, via Infobae

Face à cette situation, la CUT appelle à la création d’un « Grand Front large pour la vie », un rassemblement de forces politiques, sociales et syndicales visant à protéger la souveraineté nationale et les droits des travailleurs. Ce type de coalition, historiquement utilisé pour coaliser des mouvements disparates contre des politiques jugées régressives, témoigne de la volonté de la CUT de passer d’une simple opposition syndicale à une stratégie de bloc politique.

De son côté, la faction de la CGT dirigée par Díez maintient une ligne différente : tout en promettant de garder « la distance syndicale due » et de maintenir une posture critique « avec une fermeté totale », elle privilégie la création de tables techniques permanentes pour faire entendre la voix des travailleurs face au nouvel exécutif. Cette divergence de tactique illustre la fracture profonde au sein du syndicalisme colombien, tiraillé entre la nécessité de maintenir un dialogue fonctionnel avec l’État et le refus idéologique de légitimer une administration dont le programme est jugé antinomique avec les acquis sociaux des décennies précédentes.

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