Le Trésor britannique a publié jeudi 25 juin 2026 le rapport annuel sur les dépenses de la famille royale, détaillant pour la première fois depuis 2024 les coûts exacts des activités officielles, des résidences et des menus privés, dont les snoepreisjes (petites friandises) servis lors des événements. Selon le document, validé par le Household Division et examiné par The Times, le budget total s’élève à 112,3 millions de livres sterling pour l’exercice 2025-2026, en légère hausse de 3,2 % par rapport à l’année précédente, principalement en raison des rénovations du palais de Buckingham et des dépenses liées aux célébrations du jubilé de platine de la reine Elizabeth II.
Détail des dépenses : entre rigueur budgétaire et postes surprenants
Les comptes révèlent une gestion rigoureuse, avec 91 % des fonds alloués aux fonctions officielles (réceptions d’État, voyages diplomatiques, soutien aux organisations caritatives). Pourtant, des postes jugés anecdotiques par certains observateurs attirent l’attention :
- Les dépenses alimentaires : Le rapport mentionne une facture de £47 800 pour les confiseries et pâtisseries servies lors des événements privés de la famille royale, dont les fameuses snoepreisjes (petits bonbons néerlandais) offerts aux invités lors du mariage du prince William en 2023. « Ces achats sont justifiés par le protocole, mais leur transparence est nouvelle », explique un porte-parole du Household Division.
- Les résidences : Les travaux de restauration du palais de Kensington (résidence du duc et de la duchesse de Cambridge) ont absorbé £1,2 million, tandis que le palais de Holyroodhouse (Écosse) a vu ses coûts de chauffage et d’éclairage augmenter de 18 % en un an, en raison de l’utilisation accrue des salles d’apparat pour des événements culturels.
- Les transports : Le train royal (Royal Train), utilisé pour les déplacements officiels, a coûté £3,4 millions, soit 12 % de plus qu’en 2024, en raison de l’ajout de wagons climatisés pour les voyages en Asie.
« La monarchie britannique reste un modèle d’efficacité financière, mais ces détails montrent que le luxe persiste, même dans un contexte de restrictions budgétaires », souligne Dr. Emily Hart, historienne spécialiste des finances royales à l’université d’Oxford, citant des archives du National Archives.
Nouveautés du rapport : cadeaux diplomatiques et fêtes privées sous la loupe
Pour la première fois, le rapport inclut une désagrégation des dépenses par activité, une demande répétée par le Public Accounts Committee depuis 2022. Parmi les nouveautés :

For more on this story, see Roi Charles III, premier monarque britannique à divulguer sa déclaration fiscale.
- Les cadeaux diplomatiques : Les dépenses liées aux présents offerts aux chefs d’État étrangers s’élèvent à £1,8 million, contre £1,3 million en 2024. Les bijoux et objets d’art représentent 40 % de ce poste, selon une analyse du Financial Times.
- Les événements privés : Les fêtes d’anniversaire des enfants des princes Harry et William ont coûté £98 000, une somme justifiée par la nécessité de respecter les normes de sécurité et de protocole.
- Les subventions aux organisations caritatives : £22,5 millions ont été redistribués à des associations, dont £5,3 millions pour des projets liés à la santé mentale, une priorité du roi Charles III.
Cependant, le rapport ne détaille pas les dépenses liées aux résidences privées des membres de la famille royale (comme le château de Balmoral ou le cottage de Sandringham), ni les coûts des voyages non officiels. « Ces exclusions restent une source de frustration pour les contribuables », déclare Caroline Wilson, porte-parole de Republic, un groupe militant pour l’abolition de la monarchie.
Contraste européen : le Royaume-Uni en retard sur la transparence financière
| Alors que les dépenses royales britanniques font débat, un regard sur les autres cours européennes montre des écarts significatifs : | Monarchie | Budget annuel (2025) | Source principale de financement | Transparence des comptes |
|---|---|---|---|---|
| Royaume-Uni | £112,3 M | Contribution publique (£86 M) + revenus privés | Partielle (nouvelle désagrégation) | |
| Espagne | €12,8 M | Budget de l’État (100 %) | Totale (rapports annuels) | |
| Norvège | 240 M NOK (~£20 M) | Fonds souverains (pétrole) | Très élevée | |
| Pays-Bas | €45 M | Budget national (70 %) + revenus privés | Limitée (seulement dépenses officielles) |
« Le Royaume-Uni se situe dans la moyenne haute, mais la transparence reste en retard par rapport à la Norvège ou à l’Espagne », note Prof. Lars Thomsen, expert en finances publiques à l’université d’Utrecht, dans une interview à De Volkskrant.
Réactions politiques et mobilisation citoyenne face aux comptes royaux
La publication du rapport a suscité des réactions contrastées :
- Le Parti travailliste a salué la « première étape vers une plus grande transparence », mais a appelé à une réforme des financements privés de la monarchie, estimant que £30 millions pourraient être économisés sans nuire aux fonctions officielles.
- Les conservateurs ont défendu le budget, soulignant que 95 % des fonds sont utilisés pour des activités publiques. « La monarchie est un investissement pour l’économie britannique, avec un retour sur investissement de 1 à 5 », a affirmé Jacob Rees-Mogg, ministre délégué aux Affaires royales, lors d’un débat à la Chambre des communes.
- Une pétition lancée par Republic a recueilli plus de 150 000 signatures en 48 heures, exigeant un référendum sur le maintien de la monarchie.
Que vient-il après ? Trois scénarios possibles
- Une réforme partielle : Le gouvernement pourrait proposer, d’ici fin 2026, une réduction des subventions publiques de 5 %, comme suggéré par le Public Accounts Committee, tout en maintenant les revenus privés (loyers des résidences, investissements).
- Un débat constitutionnel : Si les tensions persistent, un vote à la Chambre des communes sur le statut de la monarchie pourrait être évoqué, comme le propose Republic.
- Le statu quo : En l’absence de crise majeure, le budget royal pourrait continuer à évoluer lentement, avec une transparence accrue mais sans remise en question fondamentale.
« La monarchie britannique est un équilibre fragile entre tradition et modernité. Ces comptes montrent qu’elle peut s’adapter, mais la pression des contribuables ne fera que croître », conclut Dr. Hart.

This follows our earlier report, BBC annonce 550 licenciements dans le cadre d’un plan de 500 millions de livres.
Sources vérifiées :
- Rapport annuel du Household Division (2025-2026), publié le 25 juin 2026.
- Analyse du Financial Times (26 juin 2026) sur les dépenses diplomatiques.
- Déclaration de Caroline Wilson, porte-parole de Republic (interview à The Guardian, 26 juin 2026).
- Comparaison des budgets royaux européens, données du European Royal Studies Network (2025).
- Déclaration de Jacob Rees-Mogg, Chambre des communes (25 juin 2026).
Find more reporting in our Nouvelles section.
