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Supergirl : Réactions mixtes, Milly Alcock et Jason Momoa au cœur du film sombre

Un virage esthétique vers l'univers de « Mad Max »

Le film « Supergirl », réalisé par Craig Gillespie, a suscité des réactions contrastées lors de sa présentation à la presse le 18 juin 2026. Porté par Milly Alcock dans le rôle-titre et Jason Momoa en Lobo, ce long-métrage adopte un ton jugé plus sombre et viscéral que son prédécesseur, « Superman », sorti l’été dernier.

Un virage esthétique vers l’univers de « Mad Max »

La réception critique souligne une rupture tonale majeure par rapport aux productions récentes du DC Universe. Alors que beaucoup attendaient une aventure spatiale légère dans la lignée des « Gardiens de la Galaxie », les premiers retours décrivent une œuvre ancrée dans une esthétique de chaos et de dureté. Selon le journaliste Mike Ryan, le film « ressemble et se joue davantage comme un film Mad Max, avec des mondes sales, des méchants grossiers et une héroïne autodestructrice », une observation relayée par Variety.

Un virage esthétique vers l'univers de « Mad Max »
Un virage esthétique vers l'univers de « Mad Max »

Cette comparaison avec la franchise de George Miller est largement partagée. Erik Davis, cité par Deadline, évoque un mélange entre « l’attitude rock n’ roll des Gardiens de la Galaxie » et la « cruauté crasse » de « Mad Max: Fury Road ». Ce changement de cap semble être une volonté délibérée de la production pour marquer une identité propre à ce nouveau volet, s’éloignant des codes traditionnels du film de super-héros grand public pour explorer des contrées plus hostiles et moins policées.

L’intégration de cet univers visuel rugueux témoigne d’une volonté de James Gunn, à la tête de DC Studios, de diversifier les genres au sein de son catalogue. En confiant la réalisation à Craig Gillespie, connu pour ses œuvres aux personnages complexes et souvent marginaux comme « Moi, Tonya », le studio cherche à ancrer Kara Zor-El dans une réalité plus tangible, où l’héroïsme ne découle pas d’une vertu innée mais d’une lutte constante contre un environnement hostile.

Milly Alcock et Jason Momoa : les points forts du casting

Malgré des avis mitigés sur la qualité globale du scénario, la performance de Milly Alcock fait consensus. La critique salue sa capacité à insuffler de l’émotion à une Kara Zor-El tourmentée. Fay Watson, de Total Film, affirme que l’actrice est « parfaite, apportant humour, cœur et un jeu d’ivresse incroyable ».

« Elle apporte une sorte d’aloès et de mélancolie au rôle qui aide à créer une profondeur émotionnelle. »

SUPERGIRL – Trailer 2 – REACTION MASHUP 🐕☄️- Milly Alcock – Jason Momoa – James Gunn
Erik Davis, via Deadline

De son côté, Jason Momoa, dans le rôle du mercenaire Lobo, est décrit comme une force de la nature. Chris Killian, de Comicbook.com, note qu’il semble « s’amuser comme un fou » dans ce rôle, ajoutant une énergie brute qui contraste avec la vulnérabilité de Supergirl. La dynamique entre les deux personnages, souvent décrite comme une confrontation entre le chaos pur incarné par Lobo et le désarroi existentiel de Kara, constitue le moteur narratif principal du film. Cette alchimie, portée par des acteurs aux registres opposés, est perçue comme l’atout majeur pour maintenir l’intérêt du spectateur tout au long d’un récit qui privilégie parfois l’atmosphère sur la progression classique de l’intrigue.

Une comparaison inévitable avec « Superman »

Le film s’inscrit dans la continuité directe du « Superman » de l’été 2025, qui avait récolté 618 millions de dollars au box-office mondial. Cette filiation est au cœur de l’analyse de Germain Lussier, qui estime que si « Supergirl » n’atteint pas tout à fait la résonance du premier volet, il agit comme un « compagnon parfait » offrant des relations plus complexes entre les personnages. Le succès financier de « Superman » a permis à DC Studios de disposer d’une assise solide pour expérimenter avec ce spin-off, tant sur le plan stylistique que narratif.

Une comparaison inévitable avec « Superman »
Photo: Variety

Toutefois, l’accueil n’est pas unanime. John Nguyen, de Nerd Reactor, a exprimé une déception notable, jugeant le film « fade » et regrettant que l’actrice principale n’ait pas bénéficié d’un matériel plus solide. Cette division des critiques souligne les enjeux pour le DC Universe de James Gunn : réussir à maintenir une cohérence globale tout en explorant des tonalités radicalement différentes. La stratégie de DC Studios, qui consiste à proposer des arcs narratifs distincts tout en les reliant par une mythologie commune, est ici mise à l’épreuve par une proposition artistique audacieuse qui divise la presse spécialisée.

La sortie en salles, prévue pour le 26 juillet, permettra de mesurer l’adhésion du grand public à cette proposition plus sombre et introspective. Alors que le marché du film de super-héros traverse une phase de mutation, où la lassitude du public est souvent évoquée par les analystes industriels, « Supergirl » joue le rôle de test grandeur nature : le public est-il prêt à suivre une figure emblématique dans un récit plus proche du film d’auteur viscéral que du blockbuster traditionnel ? La réponse du box-office lors du premier week-end d’exploitation sera déterminante pour la suite du calendrier des productions DC, et pourrait influencer les choix de direction artistique pour les projets futurs du studio.

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