Le président russe Vladimir Putin a affirmé que les lancements de missiles Oreshnik n’étaient pas destinés à des cibles militaires mais servaient de tests opérationnels, selon Forbes. Cette déclaration intervient alors que le conflit en Ukraine dépasse les 1 569 jours de l’invasion totale, d’après les données de Newsweek.
Les justifications de Vladimir Putin sur les missiles Oreshnik
Une déclaration de Vladimir Putin a provoqué l’indignation de certains commentateurs de guerre russes, selon Forbes. Le dirigeant russe a minimisé l’impact des lancements de missiles de moyenne portée Oreshnik en affirmant que ces frappes n’avaient pas visé de cibles militaires.
S’exprimant auprès de Ria Novosti, Vladimir Putin a soutenu que ce qui avait été présenté comme une frappe de représailles majeure n’était en réalité qu’une procédure de test.
…simplement de tester leurs opérations comme sur un terrain d’essai… et qu’aucune cible militaire n’a été touchée, juste une « grange ».
Vladimir Putin, Président de la Russie (via Forbes)
Selon Forbes, le président a précisé que des sites de choix avaient été sélectionnés pour permettre à des drones russes d’inspecter l’endroit où les ogives atterrissent, afin de faciliter la planification de futures frappes. Cette stratégie de communication, consistant à qualifier une frappe réelle de simple exercice technique, est une méthode utilisée pour gérer la réponse internationale et tenter d’atténuer les accusations de ciblage délibéré de zones civiles. Le missile Oreshnik est dérivé du système RS-26. Cette filiation technologique est significative, car le RS-26 est un missile balistique intercontinental (ICBM) lourd faisant partie de la triade nucléaire russe. L’utilisation de technologies issues de missiles stratégiques pour des frappes de portée intermédiaire suggère une volonté de projeter une puissance technologique directement sur le champ de bataille, brouillant la ligne entre la dissuasion nucléaire et les opérations conventionnelles.
Évolution territoriale et durée du conflit en Ukraine
Le conflit en Ukraine a atteint un jalon temporel critique. Selon Newsweek, au 11 juin, l’invasion totale dure depuis 1 569 jours. Bien que la Russie soit une puissance plus importante avec une plus grande tolérance aux pertes, Newsweek souligne que le temps joue désormais contre Vladimir Putin.
L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) a fourni des données précises sur les mouvements de terrain. Selon une évaluation de l’ISW datée du 1er juin, les forces russes ont pris le contrôle ou se sont infiltrées dans environ 41 kilomètres carrés de territoire ukrainien entre décembre 2025 et mai 2026. Sur cette même période, elles ont perdu le contrôle d’environ 281 kilomètres carrés de zones qu’elles contrôlaient pleinement.
Cette dynamique illustre la transition vers une guerre d’usure, où le contrôle du territoire ne se mesure plus en offensives éclair, mais en une lutte extrêmement coûteuse pour chaque kilomètre carré. Le fait que les forces russes aient perdu nettement plus de terrain qu’elles n’en ont conquis (281 km² perdus contre 41 km² gagnés) souligne la difficulté de maintenir une ligne de front stable malgré les efforts d’infiltration. L’ISW note que cette progression est bien moindre que l’année précédente. Durant la période comparable de l’année dernière, les forces russes avaient progressé dans environ 516 kilomètres carrés, ce qui signifie que le rythme actuel représente moins de 8 % de la cadence précédente. Cette tendance suggère que, malgré une supériorité numérique, la capacité de la Russie à transformer ses gains territoriaux en une occupation durable est compromise par l’intensité de la résistance ukrainienne.
Comparaison avec les concepts d’armement cinétique
Le déploiement du missile Oreshnik s’inscrit dans une lignée de concepts liés à l’armement cinétique. Forbes mentionne le concept américain des « Rods from God » (Tiges de Dieu), proposé par un groupe de réflexion des États-Unis dans les années 1950. Cette idée repose sur l’utilisation de tiges de tungstène denses larguées depuis l’orbite pour frapper des cibles à des vitesses dépassant Mach 10.

Une étude de l’USAF dans les années 2000 a suggéré qu’une arme orbitale hypervéloce de 9 tonnes laisserait un cratère de 100 pieds de profondeur, aplatissant chaque bâtiment dans un rayon d’au moins 1 000 pieds, rapporte Forbes. Une arme encore plus importante proposée pour l’USAF équivaudrait à l’effet d’une ogive nucléaire de 4 kilotonnes.
L’intérêt scientifique de l’armement cinétique réside dans la conversion de l’énergie de mouvement en énergie destructrice. Contrairement aux explosions chimiques ou nucléaires, l’impact est purement mécanique : la vitesse extrême (Mach 10 ou plus) multiplie la force d’impact de manière exponentielle, permettant de pénétrer des fortifications profondes sans nécessiter de charge explosive interne. Ce concept de « frappe mondiale rapide » vise à offrir une capacité de destruction massive sans les conséquences radioactives prolongées qui caractérisent les armes nucléaires, ce qui en fait un outil de dissuasion théorique particulièrement redoutable. Forbes indique que la Russie est la seule nation à avoir réellement mis en œuvre une telle idée avec le missile Oreshnik.
Le conflit semble entrer dans une phase où les résultats russes diminuent. Selon Newsweek, chaque année supplémentaire transforme le récit de la guerre : ce qui était perçu comme une correction de l’histoire devient, pour le Kremlin, un échec à vaincre un voisin plus petit assez rapidement. L’humiliation est désormais décrite comme étant autant stratégique que symbolique.
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