Le maire de Buenos Aires, Jorge Macri, a intensifié les tensions avec le gouverneur de la province, Axel Kicillof, en lançant l’« Operación Muro ». Ce dispositif de sécurité massif sur les limites de la capitale vise à filtrer les flux criminels et les infractions routières traversant la General Paz depuis le territoire provincial.
L’ampleur technique de l’« Operación Muro »

- 48 points de contrôle pour les véhicules ;
- 27 passages piétons sécurisés ;
- 16 points stratégiques répartis sur le territoire ;
- Des unités spécialisées incluant la division canine K9 et le personnel de la sécurité communale.
Une guerre de mots entre la capitale et la province
La mise en œuvre de ce plan a immédiatement déclenché une violente joute verbale entre les deux administrations. Jorge Macri a utilisé une rhétorique frappante pour justifier la présence accrue des forces de l’ordre à la frontière.« Nous ne demanderons pas pardon pour protéger les habitants de Buenos Aires. Un mur de contrôle contre la barbarie et la mauvaise gestion de Kicillof. »
« Jorgito : tu parles de lever un mur contre la “barbarie” seulement pour cacher ton incompétence politique et ton incapacité totale de gestion. Tu es, en fin de compte, le moins doué de la famille. »
Javier Alonso, ministre de la Sécurité provinciale Au-delà de l’échange d’insultes, le conflit révèle une fracture profonde sur la responsabilité de la sécurité publique. Alors que la ville de Buenos Aires déploie ses propres ressources pour sécuriser ses accès, la province accuse la capitale de rejeter la faute sur elle pour masquer le déclin de la gestion municipale.Transversalité de la criminalité et enjeux économiques
Le débat dépasse le cadre de la simple surveillance policière pour toucher aux réalités statistiques et budgétaires. Jorge Macri a soutenu que la criminalité dans la capitale est intrinsèquement liée aux flux provenant de la province. Selon des déclarations rapportées par Diario Democracia, le maire affirme que la moitié des délits commis dans la ville sont perpétrés par des individus originaires de la province de Buenos Aires. L’argumentation de la municipalité s’appuie également sur un constat tragique concernant les forces de l’ordre. Macri a souligné que sur les 14 derniers policiers tombés en service, 13 ont été tués alors qu’ils effectuaient leurs trajets entre leur domicile dans la province et leur lieu de travail. Cette tension se double d’une revendication financière directe. Le maire a ouvert un front de dispute sur le coût des services publics, interrogeant la répartition des charges entre les deux juridictions.« Pourquoi une retraitée qui touche le salaire minimum de la ville doit-elle payer pour les soins que Kicillof ne fournit pas ? »
La surveillance technologique des accès urbains
Pour soutenir ce dispositif, la ville mise massivement sur l’infrastructure numérique. L’« Operación Muro » s’appuie sur l’Anillo Digital, un système de surveillance de haute technologie qui renforce la capacité de réaction des forces de l’ordre. Les capacités techniques déployées incluent :- 814 portiques de lecture de plaques d’immatriculation ;
- Une couverture sur 74 points d’accès ;
- La surveillance en temps réel de plus de trois millions de domaines de véhicules par jour.
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