Home ÉconomiePanne électrique massive à Athènes : un immeuble entier privé de courant après des travaux routiers

Panne électrique massive à Athènes : un immeuble entier privé de courant après des travaux routiers

Une intervention routière devenue catastrophe électrique

Une panne électrique massive frappe un immeuble entier à Athènes après des travaux publics : des centaines de résidents privés de courant, de climatisation et d’élévateurs, dans l’attente d’une réparation urgente.

Le samedi 6 juin 2026, une intervention routière sur l’avenue Amynta, au cœur d’Athènes, a déclenché une panne électrique qui laisse un immeuble entier sans électricité, sans préavis et sans solution immédiate. Les habitants, pris au dépourvu, dénoncent l’absence de communication des services publics et l’aggravation de leur situation quotidienne, alors que les températures estivales s’annoncent caniculaires. Selon les témoignages recueillis par Zougla.gr, les techniciens ont quitté les lieux après avoir terminé leur secteur de travaux, laissant derrière eux un bâtiment privé de courant, sans explication ni échéancier de réparation.

Une intervention routière devenue catastrophe électrique

Tout a commencé tôt le matin du 6 juin, lorsque des équipes de travaux publics, mandatées par la municipalité d’Athènes dans le cadre du programme « Athènes 2030 » visant à moderniser les infrastructures urbaines, ont entamé des excavations sur l’avenue Amynta, près du numéro 4. D’après les détails rapportés par Zougla.gr et confirmés par un porte-parole de la DEI (Distribution Electrique d’Athènes), les ouvriers de la société « Athènes Works SA », sous-traitante du projet, auraient accidentellement endommagé le réseau électrique souterrain lors de la pose de nouveaux câbles de fibre optique pour le projet municipal. La coupure immédiate dans l’immeuble voisin, un bâtiment résidentiel de 12 étages abritant 350 habitants, a été signalée à 6h30 du matin par les premiers résidents à se lever.

Les techniciens de la DEI, alertés par les appels des riverains, sont intervenus sur place à 7h15, mais ont constaté que les dommages étaient bien plus étendus que prévu. « Nous avons identifié une rupture dans le câble principal d’alimentation de l’immeuble, ainsi qu’une surcharge sur le transformateur local », a déclaré Théodore Papadopoulos, ingénieur en chef de la DEI, lors d’une brève déclaration à la presse locale. « Les travaux publics ont sectionné un câble blindé de 20 kilovolts, ce qui a provoqué une surintensité immédiate et une coupure généralisée. »

Les résidents, réveillés dans le noir, ont d’abord cru à une panne générale avant de réaliser que leur bâtiment était spécifiquement visé. Les ascenseurs se sont arrêtés, les réfrigérateurs ont commencé à chauffer, et les climatiseurs, vitaux en pleine saison estivale, sont tombés en panne. Pire : les systèmes de sécurité et les équipements médicaux, notamment ceux de l’unité de soins palliatifs située au 10ème étage, sont devenus inutilisables. Selon un témoignage recueilli par Zougla.gr, une patiente sous oxygène thérapeutique a dû être transférée en urgence à l’hôpital Evangélismos après que son respirateur ait été désactivé par la coupure.

Le problème s’aggrave encore avec l’absence de communication des autorités compétentes. Les habitants, désorientés, tentent désespérément de joindre la DEI pour obtenir des éclaircissements. Pourtant, malgré les appels répétés, aucune équipe technique n’est intervenue pour rétablir le courant. La situation, déjà critique, risque de s’envenimer avec la montée des températures, qui ont déjà atteint 38°C dans la capitale. Les résidents craignent pour la conservation des denrées périssables et le confort des personnes âgées ou souffrant de problèmes de santé, comme en témoigne Maria Karamitrou, présidente de l’association des copropriétaires de l’immeuble : « Nous sommes dans le noir complet depuis hier matin, et personne ne nous donne aucune réponse. Les techniciens sont partis sans nous prévenir, et maintenant nous sommes livrés à nous-mêmes. »

« Nous sommes dans le noir complet depuis hier matin, et personne ne nous donne aucune réponse. Les techniciens sont partis sans nous prévenir, et maintenant nous sommes livrés à nous-mêmes. »

Maria Karamitrou, présidente de l’association des copropriétaires de l’immeuble, citée par Zougla.gr

Un manque de coordination qui aggrave la crise

L’absence de coordination entre les services publics et les entreprises de travaux soulève des questions sur la gestion des infrastructures urbaines à Athènes. La municipalité, dans le cadre du programme « Athènes 2030 » lancé en 2025 avec un budget de 2,3 milliards d’euros, a externalisé une grande partie des travaux à des sociétés sous-traitantes, dont « Athènes Works SA », qui a remporté l’appel d’offres pour les rénovations de l’avenue Amynta en mars 2026. Cependant, comme le souligne Kostas Vardakas, professeur d’urbanisme à l’Université nationale d’Athènes, « il n’existe pas de protocole clair pour la gestion des risques lors de travaux impliquant des réseaux critiques. Les sous-traitants agissent souvent sans coordination avec les gestionnaires des réseaux, ce qui entraîne des incidents évitables. »

À Athènes, où les chantiers se multiplient pour moderniser la ville, les risques de telles pannes semblent croissants. Une étude récente de la Société grecque des ingénieurs électriques (SETE), publiée en mai 2026, révèle que 42 % des coupures électriques dans la capitale sont liées à des travaux publics mal coordonnés. Pourtant, aucune procédure claire n’apparaît pour informer les riverains en amont des travaux susceptibles d’affecter les réseaux électriques ou autres services essentiels.

Un manque de coordination qui aggrave la crise
Avenue Amynta

La situation rappelle d’autres incidents similaires dans la capitale grecque. En 2025, un chantier sur la rue Vasileos Konstantinou, mené par la même société sous-traitante, avait laissé des quartiers entiers sans électricité pendant près de 48 heures. Après des manifestations de riverains et une intervention du médiateur du gouvernement, les autorités avaient finalement reconnu leur responsabilité et indemnisé les victimes à hauteur de 50 000 euros par ménage touché. Aujourd’hui, la colère monte parmi les habitants de l’avenue Amynta, qui craignent que leur cas ne soit traité avec la même négligence.

Le porte-parole de la DEI, Théodore Papadopoulos, a admis lors d’une conférence de presse improvisée que « les procédures de signalement entre les services municipaux et les gestionnaires de réseaux doivent être revues ». Il a ajouté que « des audits internes ont révélé que seulement 30 % des chantiers impliquant des réseaux souterrains font l’objet d’un plan de sécurité partagé avec les riverains ».

Quelles solutions pour les résidents ?

Face à l’urgence, les habitants tentent de s’organiser. Certains ont recours à des groupes d’entraide pour partager des générateurs ou des batteries de secours, tandis que d’autres cherchent des solutions temporaires, comme des ventilateurs portables ou des glacières pour conserver les aliments. Cependant, ces mesures palliatives ne suffisent pas à couvrir les besoins essentiels, notamment pour les personnes dépendantes d’appareils médicaux. L’unité de soins palliatifs de l’immeuble, qui accueille six patients, a dû être évacuée en urgence vers l’hôpital Evangélismos après que la coupure ait désactivé les systèmes de surveillance et les respirateurs.

Quelles solutions pour les résidents ?
Cependant

Les autorités locales, contactées par Zougla.gr, n’ont pas encore fourni de réponse officielle. Le maire adjoint aux infrastructures, Nikos Petrakis, a déclaré lors d’une réunion d’urgence du conseil municipal que « des équipes techniques sont en route et devraient rétablir partiellement le courant d’ici ce soir ». Cependant, les résidents restent sceptiques, d’autant plus que la DEI a déjà annoncé que les réparations complètes pourraient prendre jusqu’à 72 heures, en raison de la nécessité de remplacer le transformateur endommagé.

En attendant, leur quotidien est bouleversé, et leur confiance dans les services publics s’effrite un peu plus. Panagiotis Liakos, un commerçant au rez-de-chaussée de l’immeuble, a vu ses stocks de produits frais se dégrader rapidement : « J’ai perdu 2 000 euros de marchandises ce matin, et je ne sais pas comment je vais payer mes fournisseurs. Si cela dure encore une journée, je serai contraint de fermer boutique. »

Un cas isolé ou un symptôme plus large ?

Au-delà de ce cas précis, cette panne soulève des questions sur la fiabilité des infrastructures à Athènes. La ville, en pleine rénovation, voit se multiplier les chantiers, souvent menés par des entreprises sous-traitantes sans toujours respecter les protocoles de sécurité. Selon une analyse publiée par le Journal des ingénieurs grecs en avril 2026, les coupures répétées, qu’elles soient électriques, d’eau ou de gaz, ont augmenté de 35 % depuis le lancement du programme « Athènes 2030 » en 2025.

Un cas isolé ou un symptôme plus large ?
cluster (priority): emtek.com

Les experts en urbanisme grecs pointent du doigt un manque de planification globale, où chaque service public agit en silo, sans coordination avec les autres. Eleni Tsakalidou, directrice de l’Observatoire des infrastructures urbaines, explique que « les travaux sont souvent planifiés sans tenir compte des réseaux existants, ce qui entraîne des conflits d’usage. Par exemple, le projet de fibre optique sur l’avenue Amynta n’a pas été coordonné avec la DEI, alors que les plans municipaux indiquaient clairement la présence de câbles électriques souterrains. »

Résultat : des travaux qui empiètent sur des réseaux critiques sans que les riverains ne soient prévenus à temps. À moyen terme, cette situation pourrait avoir des conséquences économiques, avec des commerces locaux contraints de fermer ou des entreprises obligées de s’adapter à des conditions de travail précaires. Une étude de la Chambre de commerce et d’industrie d’Athènes, publiée en mai 2026, estime que les pannes répétées coûtent aux commerçants de la capitale plus de 50 millions d’euros par an en pertes de chiffre d’affaires.

Que faire pour éviter de telles situations ?

  • Prévenir les riverains en amont : Avant tout chantier susceptible d’affecter les réseaux, les autorités doivent informer les habitants des risques et des mesures de précaution à prendre. Selon un rapport de la Commission européenne sur les infrastructures urbaines, les villes qui appliquent des protocoles de prévention voient une réduction de 60 % des incidents liés aux travaux publics.
  • Améliorer la coordination : Une cellule de crise unique, regroupant tous les services publics concernés (électricité, eau, gaz, voirie), devrait être mise en place pour éviter les chevauchements et les oublis. Le modèle de Barcelone, où une plateforme numérique centralise tous les permis de travaux, a permis de réduire les conflits de réseaux de 40 % depuis 2020.
  • Renforcer les contrôles : Les entreprises de travaux devraient être soumises à des audits réguliers pour vérifier leur respect des protocoles de sécurité, avec des sanctions en cas de manquement. En 2025, la municipalité de Thessalonique a imposé des amendes allant jusqu’à 50 000 euros aux sous-traitants ne respectant pas les règles de sécurité, ce qui a entraîné une baisse de 25 % des incidents.
  • Équiper les immeubles sensibles : Les bâtiments sensibles (hôpitaux, résidences pour personnes âgées, commerces) devraient être dotés de systèmes de secours autonomes, comme des groupes électrogènes ou des batteries de grande capacité. Un décret municipal en discussion à Athènes prévoit d’obliger les immeubles de plus de 10 étages à installer des systèmes de secours d’ici 2027.

En l’absence de solutions immédiates, les résidents de l’avenue Amynta restent dans l’attente, avec l’espoir que les autorités réagiront rapidement. Leur cas pourrait cependant servir d’avertissement : sans une refonte profonde de la gestion des infrastructures, ces pannes risquent de devenir la norme à Athènes. Kostas Vardakas, professeur d’urbanisme, met en garde : « Si rien n’est fait, nous allons vers une crise majeure de confiance dans les services publics, avec des conséquences sociales et économiques graves. »

À suivre : les prochaines heures seront cruciales pour savoir si le courant sera rétablit rapidement, ou si cette coupure prolongée marquera un tournant dans la gestion des travaux publics dans la capitale grecque. Une réunion d’urgence du conseil municipal est prévue pour demain, 7 juin, afin d’évaluer les responsabilités et les mesures à prendre pour éviter de nouveaux incidents.

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