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Varoufakis : Qui perdra la guerre en Iran ?

La guerre en Iran : un conflit aux conséquences mondiales, selon Yanis Varoufakis

Par Glenn Diesen, The Real News Network

23 mars 2026 – La situation au Moyen-Orient s’envenime, et la guerre en Iran, selon l’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières de la région. Dans une conversation récente avec le professeur Glenn Diesen, Varoufakis a dressé un tableau sombre des enjeux, soulignant les erreurs stratégiques passées des États-Unis et les risques d’une escalade économique mondiale.

L’analyse de Varoufakis s’inscrit dans une longue lignée de conflits asymétriques où les États-Unis, forts de leur puissance, ont sous-estimé la résilience et la capacité d’adaptation de leurs adversaires. Il rappelle les interventions en Afghanistan et en Irak, qui se sont soldées par des décennies d’occupation et, finalement, par des défaites. “Ils ont envahi l’Afghanistan. Il leur a fallu 20 ans pour être vaincus, mais ils ont été vaincus et sont partis avec les talibans – qu’ils avaient initialement l’intention d’éradiquer avec l’invasion initiale – plus forts que jamais”, a-t-il expliqué.

La situation actuelle en Iran se distingue, cependant, par la détermination du régime à protéger son existence, même au prix d’une perturbation de l’économie mondiale. Varoufakis souligne que l’Iran est prêt à “fermer l’économie mondiale” pour éviter la défaite.

Le rôle trouble d’Israël et de Donald Trump

Varoufakis pointe également du doigt le rôle d’Israël, qu’il accuse de manipuler les États-Unis pour les entraîner dans un conflit permanent. Il estime que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réussi à “entraîner le gouvernement américain dans une guerre sans fin”, dans le but de maintenir un climat d’insécurité permanent et de poursuivre l’annexion de la Cisjordanie.

L’implication de l’ancien président américain Donald Trump est particulièrement troublante. Varoufakis suggère que Trump a été piégé par Netanyahu, qui aurait détenu des informations compromettantes le forçant à s’engager dans un conflit qu’il aurait initialement cherché à éviter. “La seule explication rationnelle… est que Netanyahu avait quelque chose sur Trump, que Israël avait une emprise sur Trump 2.0 qu’il n’avait pas sur Trump 1.0”, a-t-il affirmé.

La fin de la mondialisation et la nécessité de la souveraineté technologique

La guerre en Iran, comme le conflit en Ukraine, met en évidence les failles de la mondialisation et la nécessité pour les grandes puissances de renforcer leur souveraineté technologique et leur sécurité d’approvisionnement. Varoufakis déplore la délocalisation industrielle qui a caractérisé les dernières décennies, une politique initiée par Margaret Thatcher au Royaume-Uni et suivie par d’autres pays occidentaux.

“Ils ont expédié [l’industrie]. Et puis, essentiellement, ils ont misé sur leur secteur financier. Maintenant, ils misent sur leur secteur Big Tech. Ils pensaient pouvoir s’en sortir sans industrie”, a-t-il déclaré.

Une guerre aux multiples perdants

Selon Varoufakis, la guerre en Iran ne profitera à personne, à l’exception peut-être des dirigeants du régime iranien. Les travailleurs américains, les citoyens iraniens et les populations du Sud global seront les principales victimes de cette escalade, confrontées à la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires.

Il critique également l’hypocrisie de l’Occident, qui prétend défendre les droits des femmes iraniennes tout en soutenant des régimes autoritaires comme celui de l’Arabie saoudite. “Comparez et opposez l’Arabie saoudite à l’Iran. Dans quel pays, selon vous, les femmes sont-elles plus opprimées ? Je dirais que c’est l’Arabie saoudite, et personne ne pense à bombarder l’Arabie saoudite en ruines”, a-t-il souligné.

Un appel à la désescalade

Varoufakis conclut en lançant un appel à la désescalade et en exhortant les Occidentaux à mettre fin à leur ingérence dans les affaires iraniennes. Il souligne que la priorité doit être d’empêcher les États-Unis de continuer à “laisser tomber des bombes sur l’Iran”. Il exprime son épuisement face à la répétition de ce schéma : s’opposer à une guerre illégale lancée par les États-Unis contre un pays dont il désapprouve le régime.

Cet article est une républication de The Real News Network, sous licence Creative Commons Attribution-NoDerivatives 4.0 International.

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