Home NouvellesZimbabwe : Arrestation de Tendai Biti sur fond de tensions politiques

Zimbabwe : Arrestation de Tendai Biti sur fond de tensions politiques

Tendai Biti, figure de l’opposition zimbabwéenne et ancien ministre des Finances, a été arrêté par la police, aux côtés de plusieurs autres militants, dans un contexte de tensions croissantes concernant la volonté du président Emmerson Mnangagwa de prolonger son mandat.

L’arrestation a eu lieu alors que Biti, à la tête du Constitution Defenders Forum (CDF), préparait un rassemblement à Mutare, selon son organisation. Le CDF a été créé en réponse à une résolution du congrès annuel du ZANU-PF en octobre 2025, visant à étendre le mandat de Mnangagwa jusqu’en 2030.

Pour l’instant, la police n’a fait aucun commentaire sur la détention de Biti, et son lieu de résidence actuel reste inconnu.

Cette arrestation intervient alors que le gouvernement zimbabwéen a récemment approuvé un projet de loi visant à modifier la constitution. Ces modifications permettraient d’allonger la durée des mandats présidentiels, passant de cinq à sept ans, et de confier aux parlementaires, plutôt aux électeurs, la désignation du président.

Ces changements constitutionnels permettraient à Mnangagwa, 83 ans, de rester au pouvoir jusqu’en 2030, une perspective fermement contestée par Biti, son organisation et d’autres partis d’opposition. Des militants opposés à ces réformes ont dénoncé des agressions et des intimidations.

David Coltart, maire de Bulawayo, a condamné l’arrestation de Biti, estimant que sa critique virulente des modifications constitutionnelles proposées est à l’origine de ses ennuis. Sur X, il a écrit : « Pourquoi le ZANU-PF de [Mnangagwa] est-il si paranoïaque à l’idée de faire adopter ces amendements en utilisant des moyens illégaux, autoritaires et inconstitutionnels ? Il sait clairement qu’il ne bénéficie pas du soutien de la majorité des Zimbabwéens. »

Mnangagwa devait initialement quitter ses fonctions en 2028 après avoir effectué deux mandats de cinq ans. Le ZANU-PF, au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, semble déterminé à maintenir son emprise sur le pouvoir.

Des contestations juridiques à cette proposition sont attendues, des experts constitutionnels arguant que toute modification des limites de mandat présidentiel nécessiterait un référendum et ne pourrait pas bénéficier au président en exercice. Biti avait déclaré fin de l’année dernière : « Les Zimbabwéens ont le droit de saisir les tribunaux. »

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.