Israël annonce la mort d’Ali Larijani, figure clé du régime iranien
Téhéran – Israël a annoncé mardi avoir tué Ali Larijani, secrétaire du Conseil de sécurité nationale iranien, dans une frappe. Larijani était considéré comme l’une des figures les plus influentes du régime iranien, particulièrement depuis la nomination de Mojtaba Jamenei comme successeur de son père, l’ancien guide suprême Ali Jamenei, tué fin février.
L’annonce intervient après deux semaines de bombardements intenses visant à déstabiliser le régime iranien. Israël décrit Larijani comme un dirigeant de facto, soulignant que le pouvoir à Téhéran repose sur plusieurs piliers et prévoit toujours un successeur.
Pour l’instant, Téhéran n’a fait aucun commentaire officiel sur la mort de Larijani. L’agence semi-officielle Tasnim a diffusé ce qu’elle décrit comme une note manuscrite de Larijani, rendant hommage aux 84 marins iraniens tués lorsque leur frégate a été torpillée le mois dernier près des côtes du Sri Lanka. La date de la note, "17 jours après le martyre" d’Ali Jamenei, suggère qu’elle pourrait avoir été écrite avant la frappe israélienne.
Larijani a été vu en public pour la dernière fois vendredi lors de rassemblements pro-palestiniens à l’occasion de la Journée de Jérusalem, aux côtés du président iranien Masud Pezeshkián. La veille de sa mort présumée, il avait lancé un appel virulent aux pays musulmans pour qu’ils s’unissent face à ce qu’il qualifiait d’"agression perfide" des États-Unis et d’Israël.
Israël a également annoncé la mort de Gholamreza Soleimani, chef de la force paramilitaire Basij, un pilier de la répression des manifestations en Iran. L’objectif de ces opérations semble être d’inciter les Iraniens à descendre dans la rue, les autorités ayant clairement indiqué qu’ils ne seraient pas considérés comme des manifestants, mais comme des agents ennemis en temps de guerre.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé sa frustration face au manque de soulèvements populaires en Iran, malgré les bombardements. "On peut mener quelqu’un à l’eau, mais on ne peut pas le forcer à boire", a-t-il admis la semaine dernière. Il a réitéré que l’objectif était d’affaiblir le régime iranien et de donner au peuple iranien la possibilité de le renverser.
Sima Shine, experte en Iran au sein de l’Institut d’études de sécurité nationale, a souligné que le régime iranien est un système complexe et que l’élimination de ses dirigeants ne suffira pas à le faire tomber. Elle a noté qu’Iran s’était préparé à de telles situations en redistribuant les responsabilités entre les commandants régionaux.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé que les forces armées israéliennes continuaient à attaquer des cibles en Iran, détruisant des infrastructures stratégiques et entravant le programme de développement de missiles.
Les attaques se poursuivent également dans d’autres régions. L’ambassade des États-Unis à Bagdad a été la cible d’une attaque de roquettes et de drones. Les Émirats arabes unis et le Qatar ont également signalé des bombardements.
Ni les États-Unis ni Israël ne semblent disposés à désamorcer la situation. Donald Trump a rejeté les propositions de négociation de ses alliés au Moyen-Orient, malgré les conséquences de la guerre sur la stabilité régionale et l’économie mondiale.
