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Kenya : 1000 citoyens recrutés pour combattre en Ukraine pour le compte de la Russie

Des Kenyans piégés dans la guerre en Ukraine : le recrutement massif révélé par les services de renseignement

Nairobi, Kenya – Plus d’un millier de citoyens kenyans auraient été recrutés pour combattre aux côtés de la Russie dans la guerre en Ukraine, victimes de promesses d’emploi alléchantes qui se sont transformées en un cauchemar sur le front. L’information, révélée par les services nationaux de renseignement (NIS) kenyans, soulève des questions inquiétantes sur le recrutement de combattants étrangers et les réseaux de trafic d’êtres humains opérant dans la région.

Selon un rapport présenté aux parlementaires par le chef de la majorité parlementaire, Kimani Ichung’wah, les recrues auraient été attirées par des offres d’emploi bien rémunérées, avant d’être acheminées vers la zone de conflit. Le NIS estime que 89 Kenyans sont actuellement sur la ligne de front, 39 sont hospitalisés, 28 sont portés disparus et au moins un a été confirmé mort.

“Plus de 1 000 Kenyans ont été recrutés et sont partis combattre dans la guerre russo-ukrainienne”, a déclaré Ichung’wah. Il accuse également des responsables de l’ambassade russe de collusion avec des agences de recrutement et des réseaux de trafic d’êtres humains pour faciliter ce recrutement, en délivrant des visas touristiques aux futurs combattants.

Ces révélations interviennent alors que le nombre de rapports concernant des hommes de pays africains se retrouvant malgré eux sur les lignes de front en Ukraine ne cesse d’augmenter. Le Kenya avait déjà signalé la présence de plus de 200 de ses citoyens combattant pour la Russie en novembre dernier. Le nouveau bilan, cinq fois supérieur, est alarmant.

Les recruteurs ciblaient particulièrement d’anciens militaires et policiers, ainsi que des personnes au chômage, leur promettant des salaires mensuels allant jusqu’à 350 000 shillings kenyans (environ 2 300 euros ou 2 715 dollars américains), avec des primes pouvant atteindre 1,2 million de shillings (environ 7 900 euros ou 9 309 dollars américains).

L’ambassade de Russie à Nairobi a nié les allégations, affirmant n’avoir délivré aucun visa à des personnes destinées à combattre en Ukraine. Cependant, elle a reconnu que la législation russe n’interdit pas aux citoyens étrangers de s’enrôler volontairement dans les forces armées.

L’Ukraine a quant à elle déclaré que des centaines de citoyens de 36 pays africains combattent aux côtés des forces russes sur son territoire, souvent recrutés sous de faux prétextes.

La situation a également mis en lumière des cas similaires dans d’autres pays africains. Mercredi, le ministère sud-africain des Affaires étrangères a annoncé le retour de quatre hommes sud-africains qui avaient été “attirés” pour combattre du côté russe en Ukraine, suite à des discussions entre le président sud-africain Cyril Ramaphosa et son homologue russe Vladimir Poutine. Pretoria avait précédemment fait état de “détresses” émises par 17 hommes ayant été dupés pour rejoindre des groupes mercenaires dans la région du Donbass. La loi sud-africaine interdit à ses citoyens de combattre pour une armée étrangère sans autorisation gouvernementale.

Intégration d’une vidéo DW sur le sujet :

Ce recrutement massif de citoyens kenyans et sud-africains soulève des préoccupations majeures en matière de sécurité et de droits de l’homme. Il met en évidence la vulnérabilité des populations en situation de précarité face aux promesses fallacieuses et aux réseaux criminels exploitant les conflits armés. L’affaire appelle à une coopération internationale renforcée pour lutter contre le trafic d’êtres humains et protéger les droits des citoyens africains.

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