La lecture, refuge et moteur de développement personnel : Lucy Mangan livre un plaidoyer passionné
LONDRES – Dans un monde saturé d’écrans et de distractions numériques, la lecture persiste comme un havre de paix et un outil puissant de développement personnel. La journaliste et auteure britannique Lucy Mangan explore cette relation intime dans son dernier ouvrage, Bookish : Comment la lecture façonne nos vies, un récit à la fois personnel et universel qui célèbre le pouvoir transformateur des livres.
Mangan, qui avoue posséder une collection de 10 000 livres et continuer de l’enrichir, ne se considère pas comme une intellectuelle, mais avant tout comme une amoureuse des mots. Elle explique que, si une image vaut mille mots, elle préfère de loin le plaisir de la lecture. Cette passion l’a accompagnée dès l’enfance, lui offrant un refuge dans des univers imaginaires comme ceux de Narnia, du Pays des Merveilles ou de la chocolaterie de Willy Wonka.
Son précédent livre, Bookworm, retraçait ses premières années et ses lectures d’enfance. Bookish reprend là où celui-ci s’était arrêté, explorant son parcours d’adolescente à adulte et les œuvres qui l’ont marquée. L’auteure y décrit avec humour et lucidité ses années d’adolescence, marquées par un sentiment d’isolement qu’elle a cherché à surmonter en se plongeant dans la lecture. Elle évoque son émerveillement devant les romans de Maeve Binchy, qui mettent en scène des femmes au cœur de l’action, et son intérêt pour les romans policiers psychologiques de Josephine Tey.
Mais c’est la découverte de Orgueil et Préjugés de Jane Austen qui a véritablement transformé sa relation à la lecture. Mangan décrit Austen comme une auteure pour introvertis, capable de sonder les profondeurs de l’âme humaine avec une finesse inégalée.
Au-delà des classiques, Mangan explore des œuvres plus contemporaines et engagées. Elle confie avoir été bouleversée par La Couleur pourpre d’Alice Walker, qu’elle décrit comme “implacable et brutal d’une manière que je ne pensais pas possible”, et avoir dévoré La Servante écarlate de Margaret Atwood en une seule nuit, se sentant à la fois “ébranlée, exaltée et comme si son esprit avait été sablé”.
L’auteure ne se contente pas de raconter ses expériences de lectrice. Elle livre également des réflexions pertinentes sur l’importance de la lecture dans la société. Elle plaide pour une approche plus inclusive de la lecture, soulignant qu’il ne faut jamais avoir honte de ce que l’on lit. “La snobisme littéraire est l’une des formes de snobisme les plus misérables qui soient”, affirme-t-elle.
Mangan défend également la supériorité du livre papier sur le livre audio, et encourage les adultes à lire des livres pour enfants. Elle insiste sur le fait que la lecture est un moyen de s’évader, de se cultiver et de développer son empathie.
Son parcours universitaire à Cambridge, bien que semé d’embûches, lui a permis de rencontrer d’autres passionnés de littérature, réalisant qu’elle n’était pas seule à trouver refuge et inspiration dans les livres. Une brève incursion dans le monde du droit a finalement laissé place à une carrière de journaliste, toujours accompagnée par ses fidèles compagnons de lecture.
L’auteure illustre également l’importance des livres dans les moments clés de sa vie, comme lors de sa convalescence après l’accouchement, où elle s’est plongée dans les aventures de Jack Reacher, ou après la mort de son père, où elle a trouvé du réconfort dans les romans d’amour.
Bookish est un livre qui donne envie de lire, de relire et de partager sa passion pour les livres. C’est un hymne à la lecture, un plaidoyer pour la liberté intellectuelle et une invitation à explorer les mondes infinis que les livres peuvent nous offrir.
Comme le souligne Mangan, “Si nous arrêtons de lire, si nous arrêtons de nous mettre à la place des autres, nous nous coupons des voies intérieures de croissance, d’exploration et d’aventure”. Un message d’autant plus pertinent dans un contexte mondial marqué par la polarisation et le repli sur soi.
[Intégration potentielle d’un tweet de Lucy Mangan sur son livre : à trouver sur son compte X (anciennement Twitter) et à insérer ici si pertinent]
