Saif al-Islam Gaddafi tué dans une confrontation armée en Libye
Zintan, Libye – Saif al-Islam Gaddafi, fils du défunt dirigeant libyen Mouammar Gaddafi, a été tué lors d’une fusillade dans la ville de Zintan, au sud-ouest de Tripoli, ont annoncé des responsables mardi. Il avait 53 ans.
Selon un communiqué de son bureau, Saif al-Islam a péri lors d’une “confrontation directe” avec quatre hommes armés. Ses avocats, Khaled al Zaidi, et son conseiller, Abdullah Othman Abdurrahim, ont confirmé son décès sur Facebook, sans fournir de détails supplémentaires.
Cet événement intervient dans un contexte de profonde instabilité politique et sécuritaire en Libye, un pays divisé entre des administrations rivales depuis la chute du régime de Mouammar Gaddafi en 2011. La mort de Saif al-Islam Gaddafi, bien que non confirmée de manière indépendante, pourrait avoir des répercussions sur les efforts de réconciliation nationale et la stabilité du pays.
Autrefois considéré comme l’héritier potentiel de son père et le visage occidental de la Libye, Saif al-Islam a joué un rôle clé dans la politique et la diplomatie libyennes pendant des décennies. Il a notamment participé à des négociations sur les armes de destruction massive et à des compensations pour les victimes du vol Pan Am 103, qui s’est écrasé à Lockerbie, en Écosse, en 1988. Diplômé de la London School of Economics et parlant couramment l’anglais, il était perçu par certains gouvernements occidentaux comme un interlocuteur privilégié.
Cependant, au déclenchement de la révolte contre le régime de son père en 2011, il est devenu l’un des principaux architectes de la répression brutale des rebelles. Après la prise de la capitale par les forces anti-Gaddafi, il a été capturé alors qu’il tentait de fuir vers le Niger.
En 2015, un tribunal libyen l’a condamné à mort pour crimes de guerre. Il était également recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour des accusations de crimes contre l’humanité. Il a passé six ans en détention à Zintan avant d’être libéré en 2017 dans le cadre d’une amnistie.
Sa tentative de se présenter à l’élection présidentielle de 2021 a suscité une vive opposition de la part de nombreux Libyens qui avaient souffert sous le régime de son père. Il a finalement été disqualifié en raison de sa condamnation de 2015, une décision qui a contribué à l’instabilité du processus électoral.
Dans une interview accordée au New York Times Magazine en 2021, Saif al-Islam avait déclaré qu’il fallait aborder son retour en politique avec prudence. “Il faut revenir lentement, lentement. Comme un strip-tease. Il faut jouer un peu avec leur esprit”, avait-il déclaré.
La Libye reste profondément divisée, avec des administrations rivales basées dans l’est et l’ouest du pays. Le pays est plongé dans l’anarchie depuis la chute du régime de Mouammar Gaddafi, qui a été tué par des combattants d’opposition en 2011. La plupart des huit enfants de l’ancien dirigeant ont joué un rôle important dans le gouvernement.
La mort de Saif al-Islam Gaddafi soulève des questions sur l’avenir de la Libye et la possibilité d’une réconciliation nationale. Le pays est confronté à de nombreux défis, notamment la prolifération des armes, la présence de groupes armés et la crise économique. Selon les Nations Unies, plus de 600 000 personnes ont besoin d’une aide humanitaire en Libye.
[Image de Saif al-Islam Gaddafi en 2011, crédit Reuters]
[Image de Saif al-Islam Gaddafi après sa capture en 2011, crédit Reuters]
[Image de Saif al-Islam Gaddafi en 2014, crédit Reuters]
[Image de Saif al-Islam Gaddafi en 2008, crédit Jens Kalaene/picture-alliance/dpa/AP]
