Guatemala : Évasion massive de membres du gang Barrio 18, tensions aux frontières
Guatemala, le 14 octobre 2025 – Une crise sécuritaire majeure frappe le Guatemala suite à l’évasion de 20 membres du gang Barrio 18 de la prison Fraijanes II. L’incident, survenu le 13 octobre, a conduit à un remaniement au sein du système pénitentiaire guatémaltèque, avec le limogeage du chef du système, ainsi que du directeur et du directeur adjoint de la prison concernée. Le ministre de l’Intérieur, Francisco Jiménez, a cependant exclu toute démission personnelle.
L’évasion intervient dans un contexte de recrudescence de la violence au guatemala. Le Center national de recherches économiques (CIEN) rapporte une augmentation de 21% du taux d’homicides entre janvier et juillet 2025, avec 326 homicides de plus qu’à la même période en 2024. Le taux d’homicides interannuel s’élève désormais à 17,65 pour 100 000 habitants.
Face à cette situation, le gouvernement guatémaltèque a annoncé le renforcement de la surveillance aux frontières avec le Honduras et le Mexique, dans le but de retrouver les fugitifs, considérés comme extrêmement dangereux. Barrio 18 est désigné comme une “organisation terroriste étrangère” par les États-unis.
Une approche différente de celle du Salvador
Le président guatémaltèque, Bernardo Arévalo, a clairement indiqué qu’il ne suivrait pas la stratégie controversée de son homologue salvadorien, Nayib Bukele, qui a mené une “guerre contre les gangs” caractérisée par des arrestations massives et une augmentation spectaculaire du taux d’incarcération. Si cette politique a permis de réduire les homicides au Salvador, elle a également été critiquée pour des arrestations arbitraires et la détention de personnes innocentes dans le cadre d’un régime d’urgence prolongé.
La contagion régionale et les réponses possibles
L’impact des gangs transcende les frontières nationales. Le Costa Rica, également confronté à des problèmes de criminalité liée aux gangs, a annoncé en août son intention de lancer un appel d’offres pour la construction d’une prison de haute sécurité inspirée de la “mégaprisons” salvadorienne Cecot.
Contexte et enjeux
Les gangs, tels que Barrio 18 et la Mara Salvatrucha (MS-13), sont profondément enracinés dans la région d’Amérique centrale, en particulier au guatemala, au Salvador et au Honduras.Ils sont impliqués dans une multitude d’activités criminelles, notamment le trafic de drogue, l’extorsion, les meurtres et les enlèvements. La lutte contre ces gangs représente un défi majeur pour la stabilité et la sécurité de la région. Les causes profondes de la prolifération des gangs sont complexes et incluent la pauvreté,le manque d’opportunités,la corruption et la faiblesse des institutions étatiques.
