Rome : Un documentaire poignant sur la vie d’un sans-abri brise l’indifférence
Rome,Italie – Un documentaire italien,San Damiano,réalisé par Francesco Sassoli et Alberto Cifuentes,secoue le public en offrant un regard cru et sans concession sur la vie de Damian,un sans-abri vivant près de la gare Termini à Rome. Le film, qui a connu une première diffusion en 2024, est de retour dans les cinémas italiens à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, avec des projections prévues dans 40 salles à travers le pays, dont une discussion au cinéma Don Bosco à Rome.
San Damiano ne se contente pas de montrer la précarité de Damian, mais explore la culpabilité et l’indifférence des passants. Les réalisateurs eux-mêmes admettent avoir initialement détourné le regard, cherchant à éviter l’inconfort de témoigner d’une telle situation.Le film est né d’une prise de conscience : parmi les 150 millions de personnes transitant chaque année par Termini,peu s’arrêtent à considérer ceux qui y vivent.
Le documentaire vise à rendre visible l’invisible, à donner une voix à ceux qui sont trop souvent ignorés. Il dépeint Damian comme un artiste et chanteur non conventionnel, refusant de se conformer aux attentes commerciales. Son énergie et sa détermination à créer, à rêver, malgré les circonstances, sont décrits comme une forme de “sainteté”.
Damian a d’ailleurs suggéré le titre du film, expliquant que la tour où il vivait symbolisait son désir d’être vu et reconnu dans toute sa complexité.
Aujourd’hui, Damian est hospitalisé dans un établissement psychiatrique en Pologne, mais les réalisateurs continuent de maintenir le contact avec lui, l’appelant chaque dimanche.
San Damiano est plus qu’un simple documentaire ; c’est un appel à la conscience, une invitation à remettre en question notre propre indifférence et à reconnaître l’humanité de ceux qui vivent en marge de la société. Le film soulève des questions cruciales sur la santé mentale, la marginalisation et la responsabilité collective face à la précarité urbaine. Il rappelle que derrière chaque visage anonyme se cache une histoire, une dignité et un besoin fondamental d’être vu et entendu.
