Milan : Redécouverte d’une collection oubliée de Boccioni, liée à une famille juive persécutée par le fascisme
Milan, Italie – Une exposition à Milan promet de révéler une facette méconnue de l’histoire de l’art italien et du destin d’une famille juive, les Baer, mécènes passionnés du futurisme. L’événement mettra en lumière la collection d’art accumulée par Samuele et Betty Baer, ainsi que par leur fils Vico, et leur lien étroit avec Umberto Boccioni, figure majeure du mouvement futuriste.
L’histoire commence au début du XXe siècle, lorsque Boccioni, en pleine ascension artistique, croise le chemin de Margherita Sarfatti, et s’intègre au cercle social et culturel des Baer. Vico baer deviendra rapidement un ami proche de l’artiste, un collectionneur et un soutien financier essentiel. La famille Baer, prospère grâce à son entreprise de broderie et de confection, “M. Baer & Co”, fondée en 1884, a activement contribué à l’épanouissement de Boccioni.
Cependant,le destin de la famille a basculé en 1938 avec la promulgation des lois raciales fascistes. La diaspora de la famille Baer a été inévitable, dispersant une collection d’art précieuse. malgré les toughés, une partie de la famille est restée en Italie, mais la collection Baer a progressivement été dispersée par des ventes et des dons, notamment des œuvres de Boccioni offertes au MoMA de New York.
L’exposition, accompagnée d’un catalog de Niccolò D’Agati avec un texte d’Ester Coen, ambitionne de reconstituer cette collection perdue.Des documents d’époque inédits permettront de redécouvrir des œuvres longtemps considérées comme disparues, comme Le portrait de Vico Baer, et de dévoiler des chefs-d’œuvre jusqu’alors inconnus, tels que Le portrait de Gemma Baer.
Cette redécouverte ne se limite pas à l’histoire de l’art.Elle est aussi un témoignage poignant de l’impact des lois raciales sur la vie des familles juives italiennes et de la perte de leur patrimoine culturel. L’exposition à Milan offre ainsi une opportunité unique de revisiter un chapitre méconnu de l’histoire italienne, à la croisée de l’art, de la mémoire et de la justice.
L’histoire des Baer rappelle l’importance de préserver le patrimoine artistique et culturel, et de se souvenir des injustices du passé pour construire un avenir plus juste. Elle souligne également le rôle crucial des mécènes dans le développement de l’art et la nécessité de reconnaître leur contribution, même lorsque leur histoire est marquée par la tragédie.
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