Le ver du mezcal révèle des surprises génétiques

Révélation sur le « ver » du mezcal : une seule espèce impliquée, menacée par la demande croissante

MEXICO – Une étude génétique récente a mis fin à une croyance populaire : le fameux « ver » que l’on trouve parfois dans les bouteilles de mezcal et de tequila n’est pas un mélange d’espèces, mais bien une seule et même espèce de papillon de nuit, Comadia redtenbacheri.Cette découverte, publiée dans la revue PeerJ, souligne l’importance culturelle et économique de cet insecte comestible au Mexique.

Longtemps considéré comme un indicateur d’authenticité ou un ajout pour le spectacle, le ver de mezcal est en réalité la larve de C. redtenbacheri. L’analyze ADN a confirmé que tous les spécimens testés appartenaient à cette unique espèce.

La consommation de larves au Mexique, que ce soit dans les boissons ou les aliments (sels, garnitures, poudres), est motivée par des convictions liées à leurs bienfaits pour la santé et à leurs prétendues propriétés aphrodisiaques. Cette popularité croissante entraîne une demande accrue, exerçant une pression considérable sur les populations sauvages de larves.Face à cette situation, des chercheurs se sont lancés dans le développement de méthodes d’élevage en captivité pour assurer la pérennité de l’espèce et répondre à la demande sans épuiser les ressources naturelles.

Contexte et importance culturelle :

L’utilisation d’insectes comestibles, ou entomophagie, est une pratique ancienne et répandue dans de nombreuses cultures à travers le monde, et particulièrement au Mexique. Les larves de Comadia redtenbacheri sont une source de protéines et de nutriments importante pour certaines communautés. leur présence dans le mezcal, bien que non systématique, est profondément ancrée dans la tradition et le folklore mexicain.

Menaces et perspectives d’avenir :

La surexploitation des populations sauvages de C. redtenbacheri représente une menace sérieuse pour la biodiversité et la durabilité de cette ressource. L’élevage en captivité apparaît comme une solution prometteuse pour répondre à la demande croissante tout en préservant l’espèce et son habitat naturel. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour optimiser les techniques d’élevage et garantir la qualité nutritionnelle des larves produites.

Référence : Kawahara, A.Y., Martinez, J.I., Plotkin, D. et al.”Mezcal worm in a bottle: DNA evidence suggests a single moth species.” peerj 11:e14948,2023. https://doi.org/10.7717/peerj.14948

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