Le Hertfordshire Zoo a annoncé la naissance d’une deuxième portée de jumeaux de sengis (macroscélidés) le 23 février 2026. Ces naissances, survenues peu après une première portée en mars, portent la population de l’espèce à une majorité du nombre total d’individus présents au Royaume-Uni, où moins de dix spécimens sont recensés.
Une reproduction exceptionnelle au Hertfordshire Zoo
Le succès reproducteur du couple de sengis, Nuru et Mala, constitue une surprise pour l’équipe vétérinaire du Hertfordshire Zoo. Arrivés au Royaume-Uni il y a seulement quelques mois, les deux parents ont rapidement engendré deux portées successives. La découverte des derniers-nés a nécessité une attention particulière, les petits pesant seulement 30 grammes — soit l’équivalent d’une pile AA — et ayant été initialement dissimulés dans leur nid.
Le personnel du zoo n’a pu confirmer la présence des nouveaux-nés qu’après une analyse minutieuse des enregistrements de vidéosurveillance nocturne, comme l’a rapporté la BBC. Ce comportement de dissimulation est typique de l’espèce, les jeunes passant leurs premières semaines cachés pour assurer leur survie. Contrairement à de nombreux autres petits mammifères qui naissent sans défense, les sengis naissent précoces, avec une fourrure complète et des yeux ouverts, leur permettant de devenir rapidement mobiles, bien qu’ils restent discrets dans les premiers jours suivant la mise bas.
Pourquoi ces naissances sont cruciales pour l’espèce
La rareté de ces animaux en captivité rend chaque naissance significative pour la communauté zoologique. Avec moins de dix individus recensés sur le territoire britannique, le Hertfordshire Zoo abrite désormais la majorité de la population nationale de sengis. Tyler Whitnall, directeur général du zoo, a souligné l’importance de cet événement :
« Accueillir la toute première naissance de sengi au Royaume-Uni est incroyablement spécial. Voir ces animaux se reproduire si rapidement est un véritable témoignage des soins exceptionnels prodigués par notre équipe.
Ces naissances ne sont pas seulement un succès logistique, mais aussi un atout pour la recherche. Cette espèce africaine, rarement observée dans les collections britanniques, fait l’objet d’un suivi scientifique accru grâce à la présence de ces jeunes. Les experts notent que Nuru et Mala sont « en train de se révéler être des parents exceptionnels », un facteur clé pour la survie des petits dans un environnement contrôlé.
Sur le plan biologique, les macroscélidés présentent des caractéristiques fascinantes qui intéressent les zoologistes. Malgré leur nom vernaculaire anglais « elephant shrew » (musaraigne-éléphant), ils ne sont pas des musaraignes. Des études phylogénétiques ont démontré qu’ils sont génétiquement plus proches des éléphants, des lamantins et des damans que des insectivores traditionnels, appartenant au super-ordre des Afrotheria. Cette classification souligne l’importance de maintenir des populations en captivité pour mieux comprendre leur évolution unique et leur physiologie.
Perspectives pour les visiteurs et suivi vétérinaire
Alors que les deux premiers petits nés en mars étaient célébrés comme une « victoire significative pour la communauté zoologique au sens large », cette nouvelle portée confirme la viabilité du programme de reproduction du zoo. Les visiteurs pourront bientôt observer les nouveaux-nés, qui devraient être pleinement actifs et visibles dans les prochaines semaines. La gestion d’une population aussi restreinte au niveau national impose une coordination stricte entre les institutions zoologiques, le Hertfordshire Zoo collaborant étroitement avec les réseaux de conservation pour assurer la diversité génétique de la lignée.
L’engouement autour de ces animaux, célèbres pour leurs mouvements rapides et leurs petites trompes caractéristiques, a déjà transformé les sengis en une véritable sensation virale. Pour le zoo, l’objectif reste double : assurer le bien-être des individus sous la surveillance de l’équipe vétérinaire et sensibiliser le public à la fragilité de cette espèce. À ce jour, les deux nouveaux-nés prospèrent, renforçant le statut du Hertfordshire Zoo comme centre majeur pour l’étude et la préservation de ces mammifères.
Le suivi quotidien inclut une pesée régulière et une surveillance environnementale stricte de leur enclos, simulant les conditions de leur habitat naturel africain, caractérisé par des zones arides et rocheuses. Cette attention minutieuse permet aux vétérinaires de s’assurer que les petits atteignent rapidement leur maturité, un processus essentiel pour stabiliser la population de sengis au Royaume-Uni face aux défis posés par la gestion des espèces rares en captivité.
