Zambie : La restructuration de la dette à 94%,une sortie de crise en vue ?
Lusaka,Zambie – La Zambie a franchi une étape cruciale dans sa lutte contre l’endettement,achevant 94% du processus de restructuration de sa dette publique,estimée à 21,4 milliards de dollars fin 2024.L’annonce a été faite par le ministre des Finances et de la Planification nationale, Situmbeko Musokotwane, qui a précisé que les accords bilatéraux ont progressé de 44% à 57%, avec l’engagement de tous les pays participants à respecter les termes convenus.
Cette avancée majeure intervient après des années de négociations complexes, notamment avec la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), qui réclamait un statut de créancier privilégié. Un accord semble avoir été trouvé, avec la possibilité qu’un tiers assume une partie de la dette auprès d’Afreximbank, débloquant ainsi une situation de blocage qui menaçait de compromettre la sortie de la Zambie de l’état de défaut.
La Zambie avait suspendu ses paiements de dette extérieure en 2020, incapable de rembourser ses euro-obligations et accumulant des arriérés. Depuis 2022,le pays bénéficie d’un program de soutien du Fonds Monétaire International (FMI),doté de 1,3 milliard de dollars sur trois ans,destiné à accompagner les réformes macroéconomiques.
Contexte et enjeux de la dette en Zambie :
La crise de la dette zambienne est symptomatique des arduousés rencontrées par de nombreux pays africains, confrontés à une augmentation de l’endettement, souvent lié à des prêts contractés pour financer des projets d’infrastructure. La dépendance aux matières premières, comme le cuivre pour la Zambie, rend ces économies particulièrement vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux et aux chocs externes.
Le FMI, tout en jugeant la situation de la dette zambienne “viable”, met en garde contre un risque persistant de surendettement. La restructuration de la dette est donc une étape essentielle pour permettre à la Zambie de retrouver une trajectoire de croissance durable et de réduire sa vulnérabilité économique.
Les prochaines étapes consistent à finaliser les formalités juridiques et à assurer la mise en œuvre effective des accords conclus. La réussite de cette restructuration pourrait servir d’exemple pour d’autres pays africains confrontés à des défis similaires en matière de dette.
