COVID-19 : Le Québec prend en charge le financement des vaccins, des recommandations ciblées pour l’automne 2025
Pour la première fois, le gouvernement du Québec se retrouve seul à financer les vaccins administrés lors de la prochaine campagne automnale contre la COVID-19. Cette nouvelle réalité contraint à une approche plus ciblée, le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) recommandant désormais de limiter la vaccination aux personnes de 75 ans et plus, et ce, pour des impératifs de « coût-efficacité ». Un changement majeur par rapport aux années précédentes, qui souligne l’évolution de la gestion de la pandémie.
Jusqu’à présent, le fédéral assumait le coût des campagnes de vaccination. L’an dernier, la recommandation du CIQ, émise par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), visait les personnes de 60 ans et plus, incluant celles en bonne santé. « On n’avait pas fait les analyses coût-efficacité puisque c’était payé par le fédéral », explique la Dre Caroline Quach, présidente du CIQ, soulignant le temps requis pour de telles études.
En janvier dernier, l’Agence de la santé publique du Canada annonçait le transfert de la responsabilité du financement des vaccins contre la COVID-19 aux provinces et territoires.
Dans son dernier avis datant d’avril, le CIQ indique avoir été sollicité par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) quant à l’opportunité de maintenir la limite d’âge de 60 ans et plus ou d’envisager un changement. Le comité reconnaît que cette décision aura un « impact le plus important sur le nombre de doses qui seront requises à l’automne 2025 ».
Suite à des analyses approfondies en matière de « coût-efficacité », le CIQ préconise désormais la vaccination pour les groupes suivants : les 75 ans et plus, les résidents des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et des résidences privées pour aînés (RPA), les femmes enceintes, ainsi que les personnes vulnérables atteintes de maladies chroniques.
On l’offre à ceux qui peuvent en bénéficier le plus. On a quand même dit [dans notre avis] que pour les 65 à 74 ans en bonne santé, qui voulaient se protéger, ce n’était pas une mauvaise idée de se faire vacciner. Mais ce n’est pas le groupe au sein duquel il y a le plus de gains.
Dconcernant Caroline Quach
Selon le CIQ, les cas graves de COVID-19 et de grippe tendent à se concentrer chez les personnes âgées de 75 ans et plus et chez celles, quel que soit leur âge, souffrant de maladies chroniques. Le comité suggère à Québec de concentrer ses efforts de promotion vaccinale sur ces groupes. De plus, cibler les 75 ans et plus permettrait de synchroniser la campagne de vaccination contre la COVID-19 avec celle de la grippe, un vaccin que le CIQ recommande d’ailleurs aux plus de 75 ans depuis 2018.
Quel sera le choix du gouvernement québécois ?
Le gouvernement québécois a pour habitude de s’appuyer sur les recommandations du CIQ pour définir les groupes cibles de ses campagnes de vaccination. Historiquement, Québec avait offert gratuitement le vaccin à l’ensemble de la population lors des saisons 2023-2024 et 2024-2025. Interrogé sur ses intentions pour la prochaine campagne, sachant qu’il assume désormais les coûts, le cabinet du ministre de la Santé a précisé : « Comme à l’habitude, nous nous appuyons sur les recommandations du Comité sur l’immunisation du Québec, pour déterminer les clientèles à vacciner pour la prochaine campagne de vaccination. Les orientations finales seront communiquées sous peu au réseau ainsi qu’aux partenaires concernés. »
Vaccination contre la COVID-19 : les recommandations du CIQ pour 2025-2026
Le CIQ recommande la vaccination des catégories suivantes :
- 75 ans et plus
- Personnes en CHSLD, RPA et autres milieux collectifs « comportant une proportion élevée de personnes aînées et vulnérables »
- Personnes immunodéprimées ou avec une maladie chronique
- Travailleurs de la santé
- Femmes enceintes
- Adultes vivant en région éloignée et isolée
La COVID-19 cet été : une vague d’hospitalisations maîtrisée
Contrairement à l’année précédente, la saison estivale actuelle n’a pas été marquée par une augmentation significative des hospitalisations liées à la COVID-19. Au 5 août, 268 personnes étaient hospitalisées, un chiffre nettement inférieur aux 1225 enregistrées à la même période l’an dernier, selon l’INSPQ. La Dre Quach se montre surprise par cette absence de « montée estivale » et s’interroge sur l’impact potentiel de la rentrée scolaire. Le programme de surveillance par les eaux usées ayant pris fin en avril, le taux de positivité aux tests COVID-19 s’élevait à 7 % pour la semaine du 3 août.
Cette transition financière pour le Québec marque une étape importante dans la gestion à long terme de la COVID-19. Alors que la surveillance de la maladie évolue, les recommandations du CIQ, basées sur des analyses rigoureuses, visent à optimiser l’utilisation des ressources en santé publique. Pour rester informé des dernières décisions gouvernementales et des meilleures pratiques en matière de santé, suivez les développements sur nouvelles-du-monde.com.
