L’uvéite est responsable de 5 % à 20 % des cas de cécité légale dans les pays développés, selon Eyes On Eyecare. Le diagnostic et le traitement de cette inflammation intraoculaire reposent sur la quantification précise de l’inflammation et le degré de déficience visuelle rapporté par le patient.
Comment fonctionne la classification SUN pour l’uvéite ?
Le groupe de travail Standardization of Uveitis Nomenclature (SUN), établi en 2004 sous l’égide de l’American Uveitis Society et de l’International Uveitis Study Group (IUSG), a défini des méthodes standardisées pour rapporter les données cliniques, rapporte Eye News. Cette nomenclature permet d’évaluer la sévérité de la maladie et de suivre l’efficacité des interventions pharmacologiques d’une visite à l’autre.
La classification s’appuie sur la localisation anatomique de l’inflammation. Selon Eyes On Eyecare, trois termes descriptifs sont standards :
- Cellules (Cell) : Le nombre de cellules inflammatoires visibles dans une chambre oculaire spécifique.
- Éclat (Flare) : Effet de brouillard dans la chambre antérieure causé par l’exsudation de protéines issue d’une fuite vasculaire.
- Haze : Terme spécifique à la cavité vitréenne désignant le voile causé par les cellules inflammatoires et l’exsudation protéique.
Quelles sont les différentes formes d’uvéite ?
L’uvéite est classée selon la zone de l’œil touchée. Eye News précise que l’uvéite antérieure est la forme la plus courante, représentant environ 90 % des cas rencontrés par les ophtalmologues généralistes.
Uvéite intermédiaire et panuvéite
L’uvéite intermédiaire se caractérise par une inflammation du corps vitré. Eyes On Eyecare indique que plus de 70 % de ces cas sont idiopathiques, bien que des causes infectieuses comme la tuberculose ou non infectieuses comme la sclérose en plaques soient identifiées. Cette forme peut présenter des « snowbanks » (exsudats sur la pars plana et la rétine périphérique inférieure) ou des « snowballs » (amas de cellules inflammatoires dans le vitré inférieur). La variante idiopathique la plus commune est la pars planitis.
La panuvéite, quant à elle, implique une inflammation dans toutes les chambres sans localisation prédominante. Elle est souvent associée à des maladies systémiques telles que la sarcoïdose, la syphilis, la tuberculose ou la maladie de Vogt-Koyanagi-Harada, selon Eyes On Eyecare.
Uvéite postérieure
L’uvéite postérieure concerne la rétine ou la choroïde. Elle englobe la choroïdite (vaisseaux sanguins profonds) et la rétinite (rétine). Les causes incluent la toxoplasmose et la syphilis, ainsi que des pathologies non infectieuses comme la chorioretinopathy birdshot, précise Eyes On Eyecare.

Quels sont les critères de diagnostic pour les uvéites infectieuses ?
Le système SUN II définit des critères stricts pour classer les uvéites nécrosantes et infectieuses, comme détaillé par EyeWiki.
Pour la nécrose rétinienne aiguë, le diagnostic nécessite une rétinite nécrosante de la rétine périphérique associée soit à une preuve d’infection par HSV ou VZV (PCR positive dans l’humeur aqueuse ou le vitré), soit à un tableau clinique caractéristique incluant une rétinite confluentielle, un gainage vasculaire rétinien et une vitrite plus que minimale.
Concernant l’uvéite postérieure syphilitique, EyeWiki rapporte que le diagnostic est posé si le patient présente une inflammation placïde de l’épithélium pigmentaire rétinien, une rétinite nécrosante ou une vasculite rétinienne, avec une preuve d’infection par Treponema pallidum (tests tréponémiques et non tréponémiques positifs).
Pourquoi la quantification de l’inflammation est-elle complexe ?
L’incidence mondiale de l’uvéite varie entre 14 et 52,4 pour 100 000 personnes, avec une prévalence atteignant 0,73 %, selon les données de l’IUSG citées par Eye News. En Angleterre, entre 1 500 et 5 000 personnes sont diagnostiquées chaque année avec une uvéite postérieure ou intermédiaire non infectieuse.
Malgré l’existence de grilles de notation, l’évaluation reste difficile. Eye News souligne que la notation clinique des cellules ou de l’éclat dans la chambre antérieure via la biomicroscopie à la lampe à fente est subjective et qualitative. Cette variabilité entre les observateurs peut contribuer à un traitement inadéquat ou incomplet pour les patients souffrant d’uvéite chronique.
Pour pallier ce manque d’objectivité, la méthode Nussenblatt/NEI est largement utilisée pour enregistrer l’activité inflammatoire du vitré. Cette technique repose sur une série de photographies illustrant divers degrés de haze vitré, offrant une approche rapide et reproductible, selon Eye News.
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