Italie : Crise des services de toxicomanie,1900 professionnels de santé manquants
Rome,Italie – Les services de toxicomanie en Italie sont confrontés à une crise profonde,marquée par un manque criant de personnel et une marginalisation chronique au sein du système de santé national (NHS). Une nouvelle étude de la Fondation Gimbe révèle un déficit de près de 1900 professionnels de santé dans les SerD (Services pour les Dépendances), les centres d’aide aux toxicomanes.
Selon le décret ministériel 77,chaque SerD devrait disposer d’une équipe minimale composée de 3 à 4 médecins (dont au moins un psychiatre),3 à 3,5 psychologues,4 à 6 infirmières,2,5 à 3,5 éducateurs et techniciens de réadaptation psychiatrique,2 à 3 travailleurs sociaux et 0,5 à 1 unité de personnel administratif. Or, en 2023, seuls 6005 professionnels étaient en poste, bien en deçà des 5614 requis pour le standard minimum et des 7860 pour un fonctionnement optimal.
Cette sous-dotation se traduit par une pression excessive sur le personnel existant. En moyenne, chaque opérateur est responsable de 24,1 patients, un chiffre qui grimpe à plus de 30 dans les régions des Marches, des Abruzzes et du Latium, atteignant même 37 en Ombrie. La Fondation Gimbe souligne que cette surcharge de travail impacte inévitablement la qualité des soins et la continuité thérapeutique.
Un problème structurel et historique
Le manque de ressources allouées aux services de toxicomanie en Italie n’est pas un phénomène nouveau. Historiquement, ces services ont été considérés comme secondaires par rapport aux autres branches du NHS, entraînant un sous-investissement chronique. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les problèmes de toxicomanie, incluant l’abus d’opiacés, de cocaïne, d’alcool et de nouvelles substances psychoactives, continuent d’affecter une part significative de la population, en particulier les jeunes.
Conséquences et perspectives
Le manque de personnel qualifié et la surcharge de travail des équipes existantes entraînent des listes d’attente prolongées pour les consultations, un accès limité aux traitements et un risque accru de rechutes. Des experts appellent à une reconnaissance officielle de l’importance des services de toxicomanie comme partie intégrante de l’assistance territoriale et à un investissement structurel et contraignant pour renforcer ces services. Sans une action rapide et décisive, la crise risque de s’aggraver, avec des conséquences graves pour la santé publique et la sécurité des citoyens. La situation souligne également la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents niveaux du système de santé et les services sociaux pour une prise en charge globale et efficace des personnes souffrant de troubles liés à la toxicomanie.
