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Tulsi Gabbard : Hypocrisie et volte-face sur la guerre en Iran

Tulsi Gabbard, de l’anti-guerre à la caution de Trump : une volte-face déconcertante

Washington – L’administration Trump est connue pour ses revirements, mais le parcours de Tulsi Gabbard, directrice du renseignement national, est particulièrement saisissant. Alors que son vice-président, J.D. Vance, a lui-même qualifié Trump d’« Hitler américain » il y a quelques années, Gabbard incarne une hypocrisie flagrante, selon de nombreux observateurs.

Avant d’intégrer l’administration Trump, Gabbard était une voix forte contre l’interventionnisme militaire. Lors de sa campagne présidentielle de 2020, alors qu’elle représentait le deuxième district d’Hawaï au Congrès, sa plateforme était explicitement axée sur l’opposition à une guerre contre l’Iran. Elle avait même commercialisé des t-shirts avec le slogan « No War With Iran » (Pas de guerre avec l’Iran), comme le montre un post sur X (anciennement Twitter).

Pourtant, lors de sa récente comparution devant les commissions du renseignement de la Chambre et du Sénat, aux côtés du directeur du FBI, Kash Patel, et du directeur de la CIA, John Ratcliffe, la discussion a largement porté sur la guerre en Iran. Un revirement qui n’a pas manqué de susciter des interrogations.

L’évolution de Gabbard est d’autant plus surprenante qu’elle avait initialement soutenu Bernie Sanders avant de surprendre son monde en apportant son soutien à Joe Biden lors de la primaire démocrate de 2020. Ce geste, perçu comme un premier pas vers le centre, a rapidement laissé place à une rapprochement avec le camp MAGA (Make America Great Again). Avec Trump se positionnant comme un défenseur de la politique étrangère isolationniste, Gabbard a trouvé un terrain propice à son ascension.

En 2024, elle était devenue une fervente supportrice de Trump, validant ainsi son image de pacifiste, notamment auprès des électeurs indépendants. Sa nomination au poste de directrice du renseignement a cependant surpris, compte tenu de son manque d’expérience dans le domaine.

Malgré son manque d’expertise, Gabbard a maintenu un profil bas jusqu’à récemment. Mais en juin 2025, un incident révélateur a mis en lumière le mépris de Trump pour ses analyses. Alors que le président s’apprêtait à bombarder les installations nucléaires iraniennes, un journaliste lui a rappelé que Gabbard avait réaffirmé la conclusion des services de renseignement selon laquelle l’Iran n’était pas sur le point de se doter de l’arme nucléaire. La réponse de Trump a été cinglante : « Je me fiche de ce qu’elle dit ». Puis, quelques jours plus tard : « Elle a tort ». Trump a finalement ordonné l’attaque, affirmant que la capacité nucléaire iranienne avait été « obliterée ».

Gabbard a continué à occuper son poste, même après cette démonstration de mépris. Elle a été marginalisée lors de l’incursion vénézuélienne et aurait même été exclue des réunions du Situation Room de la Maison Blanche. Récemment, elle a été aperçue lors du raid du FBI au bureau des élections du comté de Fulton, en Géorgie, suscitant des spéculations sur une mission secrète visant à superviser les efforts de suppression électorale.

Lors de sa dernière comparution devant le Congrès, Gabbard a tenté de prendre ses distances avec l’évaluation des services de renseignement concernant la menace nucléaire iranienne. Elle a utilisé les propres mots du président, affirmant que le programme nucléaire iranien avait été « obliteré », mais a omis cette phrase lors de son témoignage devant le comité du Sénat, un changement remarqué par le sénateur Mark Warner (D-Va.). Elle a justifié cette omission en invoquant la longueur de son témoignage, une explication peu crédible.

En réalité, Gabbard cherchait à éviter de contredire Trump et ses collaborateurs, qui affirment que l’Iran est « à une semaine » de se doter de l’arme nucléaire.

Son attitude a suscité des réactions virulentes. L’influenceuse MAGA et théoricienne du complot Laura Loomer a prédit qu’elle démissionnerait prochainement, tandis que l’ancien animateur de Fox News, Bill O’Reilly, s’attend à son licenciement.

L’affaire soulève également des questions sur le rôle des services de renseignement américains dans la prise de décision concernant l’Iran. Gabbard semble désormais se contenter d’être une porte-parole du président, plutôt que de fournir une analyse objective.

On se demande quelles sont ses motivations. Si elle croyait sincèrement en 2024 que Trump était devenu un président anti-guerre, pourquoi cautionne-t-elle aujourd’hui sa politique belliqueuse ? A-t-elle réellement changé d’avis ou est-ce autre chose ?

Gabbard a une fâcheuse tendance à défendre les adversaires des États-Unis. Son soutien à l’Iran au fil des ans peut être interprété de cette manière, bien qu’elle ait été parfois contradictoire. En 2015, elle a voté pour l’augmentation des sanctions contre l’Iran, une position généralement associée aux républicains souhaitant saboter l’accord nucléaire négocié par l’administration Obama.

Son comportement en Syrie est également troublant. En 2017, elle s’est rendue en Syrie sans autorisation et a rencontré le dictateur Bachar al-Assad, alors que son régime massacrait des milliers de civils. Elle n’a jamais expliqué les raisons de cette rencontre ni révélé le contenu de ses discussions avec Assad. À son retour, elle a présenté un projet de loi visant à mettre fin au soutien américain aux groupes rebelles syriens, plaidant pour la défaite d’Al-Qaïda et de l’EIIS.

La Syrie, comme l’Iran, est un allié de la Russie, et Gabbard semble avoir une affinité particulière pour ce pays. Selon le New York Times, elle est une favorite des médias d’État russes en raison de son soutien à Moscou et de sa volonté de répéter la propagande de Vladimir Poutine. Il est difficile de comprendre pourquoi elle soutient désormais la guerre de Trump contre un allié de Poutine, mais elle a peut-être calculé que le président attaquerait l’Iran quoi qu’il arrive et y a vu un avantage : la levée temporaire des sanctions sur le pétrole russe. Cela profiterait à l’effort de guerre russe contre l’Ukraine, qu’elle semble soutenir.

La question demeure : au service de qui agit Gabbard ?

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