Trump lie sa quête du Groenland à son absence de Prix Nobel de la Paix
WASHINGTON (AP) – L’ancien président américain Donald Trump a révélé un lien surprenant entre son intérêt pour l’acquisition du Groenland et son ressentiment face à ne pas avoir reçu le Prix Nobel de la Paix, dans un échange de messages avec le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre.
L’échange, rapporté initialement par PBS News, a été déclenché par la protestation de Støre contre les tarifs imposés par Trump à la Norvège et à d’autres pays européens pour leur contribution militaire au Groenland. Trump a répondu à Støre en lui reprochant que la Norvège ne l’ait pas récompensé par le Prix Nobel de la Paix.
“Considérant que votre pays a décidé de ne pas me décerner le Prix Nobel de la Paix… je ne ressens plus l’obligation de penser uniquement à la paix, bien qu’elle restera prédominante, mais je peux maintenant penser à ce qui est bon et juste pour les États-Unis d’Amérique”, a écrit Trump dans son message. Il a ajouté, de manière abrupte : “Le monde n’est pas sûr à moins que nous n’ayons un contrôle complet et total du Groenland.”
Cette révélation intervient alors que Trump continue de faire des déclarations controversées sur la souveraineté danoise sur le Groenland, malgré les traités internationaux qui reconnaissent le contrôle de Copenhague sur l’île. Il a remis en question le “droit de propriété” du Danemark, affirmant qu’il n’existe aucun document écrit le justifiant, se basant uniquement sur des débarquements de navires datant de plusieurs siècles. “Nous avons également eu des bateaux débarquant là-bas”, a-t-il insisté.
L’obsession de Trump pour le Groenland, qui avait déjà suscité l’étonnement de nombreux observateurs internationaux, prend désormais une dimension personnelle et potentiellement géopolitique. Il a également souligné son rôle dans le renforcement de l’OTAN, estimant que l’alliance devrait maintenant agir en faveur des intérêts américains.
La Norvège, qui a déjà été confrontée à des pressions économiques de la Chine après l’attribution du Prix Nobel de la Paix au dissident chinois Liu Xiaobo en 2010, se retrouve à nouveau dans une situation délicate. Un diplomate norvégien a confié qu’il y a “une lutte difficile” pour convaincre Trump de respecter les processus décisionnels indépendants du comité Nobel, dont les membres sont choisis par le parlement norvégien.
Par ailleurs, Trump a récemment reçu le Prix Nobel de la Paix de María Corina Machado, une figure de l’opposition vénézuélienne, qui lui a remis la médaille à la Maison Blanche, en reconnaissance de son “engagement unique” envers la liberté de son pays. Trump a affirmé avoir mis fin à huit guerres depuis son retour à la Maison Blanche il y a un an, une affirmation qui reste à vérifier de manière indépendante.
Le Premier ministre Støre a déclaré qu’il avait échangé des messages avec le président finlandais Alexander Stubb pour appeler à une désescalade et proposer un appel téléphonique commun à Trump. L’échange de messages a été divulgué après avoir été transmis à plusieurs ambassades européennes à Washington par PBS.
L’intérêt de Trump pour le Groenland, riche en ressources naturelles et stratégiquement situé, soulève des questions sur ses motivations et les implications potentielles pour la sécurité régionale et les relations internationales. L’île, qui représente 21,6% de la superficie du Danemark, est un territoire autonome au sein du Royaume du Danemark. Sa population de 56 000 habitants est majoritairement inuite.
[Intégration potentielle d’une carte du Groenland et de sa position stratégique, ou d’une courte vidéo expliquant les ressources naturelles de l’île.]
