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Trump : la “clictature” et ses conséquences

La “Clictocratie” Trump : Quand le Pouvoir se Mesure en Likes et en Partages

Washington – L’administration Trump, dans son second mandat, semble avoir franchi un nouveau cap dans sa fusion entre politique et réseaux sociaux, une tendance que certains observateurs qualifient de “clictocratie”. Au-delà de l’utilisation habituelle des plateformes numériques pour la communication, le gouvernement actuel semble désormais prendre ses décisions, et même définir sa politique, en fonction de la réaction en ligne, particulièrement sur la frange la plus extrême du web.

L’exemple le plus récent est la chute en disgrâce de Gregory Bovino, ancien responsable de la patrouille frontalière, devenu malgré lui le visage de la répression de Trump à Minneapolis. Bovino a été démis de ses fonctions après la mort d’Alex Pretti, tué par des agents qu’il supervisait. Mais la sanction ne s’est pas limitée à une simple mutation. Bovino a également perdu l’accès à son compte X (anciennement Twitter), un événement qui, bien que pouvant paraître anodin, est révélateur de la nouvelle donne.

Bovino était un utilisateur prolifique, connu pour ses attaques virulentes contre les démocrates et sa défense acharnée des agents de la patrouille frontalière, même après des incidents controversés. Suite à la mort de Pretti, il a notamment répondu à un appel du représentant Eric Swalwell à une grève des agents de l’ICE par un cinglant “J’y pensais aussi”. Ses publications, souvent accompagnées d’emojis ironiques, témoignent d’une obsession pour la “guerre culturelle” et d’une volonté de “posséder les gauchistes” (“own the libs”).

Ce qui est frappant, c’est que la perte de son compte X est perçue par certains comme une punition plus sévère qu’une simple dégradation professionnelle. Dans cette “clictocratie”, l’accès à une plateforme sociale est devenu un outil de pouvoir essentiel, et le silence forcé un signe de marginalisation.

Une Politique Dictée par les Tendances

Le président Trump lui-même est le maître à penser de cette approche. Ses annonces politiques sont souvent faites directement sur les réseaux sociaux, comme sa tentative de limoger Lisa Cook, membre du conseil d’administration de la Réserve fédérale, via Truth Social. Lors d’une audience devant la Cour suprême, un avocat du gouvernement a même suggéré que Cook puisse se défendre sur la même plateforme, réduisant ainsi le droit à un procès équitable à la simple possibilité de publier un message.

Cette tendance se manifeste également dans la communication officielle du gouvernement. Les comptes des agences gouvernementales diffusent des mèmes d’extrême droite, célèbrent les expulsions avec des vidéos ASMR (sensations agréables) et manipulent des images pour renforcer un sentiment de contrôle. Récemment, une photo d’une femme arrêtée lors d’une manifestation au Minnesota a été retouchée à l’aide d’intelligence artificielle pour la montrer en larmes, dans le but de susciter l’indignation et de justifier la répression.

[Insérer ici un exemple de meme d’extrême droite partagé par un compte officiel du gouvernement américain, avec une légende expliquant le contexte et l’impact de sa diffusion.]

Des Nominations Basées sur la Popularité en Ligne

L’administration Trump ne se contente pas d’utiliser les réseaux sociaux pour communiquer, elle les utilise également pour recruter. Des personnalités connues pour leur activité en ligne, comme Dan Bongino, ancien animateur de podcast devenu adjoint du directeur du FBI, ou Harmeet Dhillon, avocate et influenceuse X rémunérée par le département de la Justice, ont été nommées à des postes clés. Dhillon, qui continue de publier jusqu’à une centaine de messages par jour sur X, a même exprimé son inquiétude quant à la stagnation de son nombre d’abonnés depuis sa prise de fonction, illustrant l’obsession pour la popularité en ligne qui anime cette administration.

[Insérer ici un tweet de Harmeet Dhillon exprimant son inquiétude concernant son nombre d’abonnés, avec une légende expliquant le contexte.]

Un Cercle Vicieux d’Autoritarisme et de Désinformation

Cette “clictocratie” crée un cercle vicieux. L’obsession pour les réseaux sociaux alimente les théories du complot, encourage les réactions impulsives et conduit à des solutions extrêmes. Des responsables gouvernementaux ont par exemple utilisé des allégations infondées provenant de l’influenceur Nick Shirley pour justifier des coupes budgétaires massives dans l’aide sociale.

De plus, cette approche favorise la création de bulles informationnelles, où les individus ne sont exposés qu’à des opinions qui confirment leurs propres convictions. Dans les régimes autoritaires, les fonctionnaires ont peur de remettre en question leurs supérieurs, tandis que dans le monde numérique, les utilisateurs s’isolent dans des communautés en ligne qui renforcent leurs biais.

Cependant, cette bulle pourrait éclater. La mort d’Alex Pretti a mis en lumière les contradictions de la version officielle du gouvernement, grâce au travail de citoyens qui ont enregistré les événements sur leurs smartphones. La technologie qui rend la “clictocratie” possible peut également être utilisée pour la dénoncer.

Un Impact sur la Politique Étrangère ?

L’influence de cette “clictocratie” ne se limite pas à la politique intérieure. Lors de la récente opération au Venezuela, des responsables du gouvernement ont été photographiés dans un centre de commandement improvisé à Mar-a-Lago, avec un écran affichant des publications X. Cela suggère que les décisions en matière de politique étrangère pourraient également être influencées par les tendances en ligne et les réactions sur les réseaux sociaux.

[Insérer ici une photo des responsables du gouvernement devant l’écran affichant des publications X, avec une légende expliquant le contexte.]

L’avenir de la démocratie américaine pourrait bien dépendre de la capacité à briser ce cercle vicieux et à rétablir un débat public fondé sur des faits, la raison et le respect mutuel. La “clictocratie” Trump est un avertissement : le pouvoir ne doit pas se mesurer en likes et en partages, mais en actions concrètes et en résultats tangibles pour le bien commun.

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