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Trump-Greenland : L’Europe riposte aux menaces de tarifs

Trump menace de droits de douane sur l’Europe après ses convoitises sur le Groenland

BRUXELLES – La tension monte entre les États-Unis et plusieurs pays européens après que le président Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane en représailles à leur opposition à ses tentatives d’acquérir le Groenland. Cette escalade diplomatique, qui intervient alors que les relations transatlantiques sont déjà tendues, a suscité une vague de critiques et d’inquiétudes en Europe.

Trump a réitéré son intérêt pour le Groenland, un territoire autonome du Danemark, depuis son retour à la Maison Blanche pour un second mandat. Il a récemment intensifié ses demandes, ce qui a profondément ébranlé les relations avec ses alliés. Samedi, il a annoncé qu’il pourrait imposer des droits de douane sur les biens provenant de huit pays européens – le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande – en réponse à l’envoi d’une petite force militaire en Groenland pour un exercice.

La menace de Trump consiste en des droits de douane de 10 % sur tous les biens envoyés aux États-Unis à partir du 1er février, qui pourraient augmenter à 25 % le 1er juin, “jusqu’à ce qu’un accord soit conclu pour l’achat complet et total du Groenland”, a-t-il déclaré.

L’Union européenne, qui a conclu en juillet un accord pour que la plupart des exportations européennes soient soumises à des droits de douane de 15 % aux États-Unis, a convoqué une réunion extraordinaire de ses ambassadeurs à Bruxelles dimanche. Dans un communiqué commun, les pays concernés ont déclaré que les menaces de droits de douane “affaiblissent les relations transatlantiques et risquent de déclencher une spirale dangereuse”. Ils ont réaffirmé leur engagement à “préserver leur souveraineté” et à rester “unis et coordonnés” dans leur réponse.

Giorgia Meloni, Première ministre italienne, connue pour ses relations étroites avec Trump, a tenté de désamorcer la situation. Elle a déclaré avoir averti Trump que punir l’Europe économiquement serait une “erreur”. “Je crois qu’imposer de nouvelles sanctions aujourd’hui serait une erreur”, a-t-elle déclaré aux journalistes à Séoul, ajoutant qu’elle avait parlé à Trump quelques heures auparavant. Elle a également minimisé le conflit, évoquant un “problème de compréhension et de communication” entre l’Europe et les États-Unis. Meloni a suggéré que l’OTAN devrait jouer un rôle actif dans la résolution de la crise.

Plusieurs dirigeants européens ont fermement critiqué la rhétorique de Trump. Le Premier ministre britannique Keir Starmer prévoit d’aborder la question avec Trump “dès que possible”, a déclaré la ministre de la Culture britannique Lisa Nandy à la BBC, qualifiant la menace de droits de douane de “mauvaise” et “contre-productive”. Le président français Emmanuel Macron a appelé l’UE à utiliser son “instrument anti-coercition”, un mécanisme commercial puissant qui permet de limiter les importations de biens et de services.

La menace de Trump a provoqué des manifestations au Groenland, au Danemark et dans d’autres villes européennes. Des milliers de personnes se sont rassemblées pour protester contre une éventuelle annexion américaine. Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a été aperçu lors d’une manifestation devant le consulat américain à Nuuk, brandissant le drapeau groenlandais.

Image du Groenlandais Head of Government (Naalakkersuisut) Jens-Frederik Nielsen, tenant un drapeau groenlandais lors d’une manifestation devant le consulat américain à Nuuk, Groenland le 17 janvier 2026. (Photo par Alessandro Rampazzo / AFP)

L’impact économique potentiel de ces droits de douane est significatif. Selon les données de l’Eurostat, le commerce entre l’UE et les États-Unis s’élève à plus de 700 milliards d’euros par an. Les droits de douane pourraient perturber les chaînes d’approvisionnement et nuire à la croissance économique des deux côtés de l’Atlantique.

La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a averti que Trump avait également beaucoup à perdre dans cette escalade, notamment ses propres agriculteurs et industriels. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, David van Weel, a qualifié la menace de Trump de “chantage” “inexplicable”.

Le Danemark a annoncé que son ministre des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, se rendrait dans les prochains jours en Norvège, au Royaume-Uni et en Suède pour discuter de la politique de sécurité arctique de l’OTAN.

Cette crise souligne les tensions croissantes entre les États-Unis et ses alliés européens, ainsi que l’importance stratégique de l’Arctique, une région de plus en plus convoitée en raison de ses ressources naturelles et de sa position géopolitique. L’avenir des relations transatlantiques pourrait bien dépendre de la manière dont cette situation sera résolue.

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