Un tribunal correctionnel a condamné un homme à trois ans de prison ferme à Toulouse pour avoir poignardé son ancienne compagne en mai 2025. La victime, qui s’est vu attribuer quinze jours d’incapacité totale de travail, affirme conserver de lourdes séquelles physiques de cette agression survenue dans un contexte de violences conjugales sur fond d’alcool et de stupéfiants.
À Toulouse, le procès d’Adem, âgé de 34 ans, s’est distingué par la ligne de défense adoptée face aux accusations de tentative de meurtre et de violences aggravées sur son ancienne compagne, Nadège. L’homme a nié l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés, allant jusqu’à soutenir devant les magistrats que la victime s’était infligée elle-même ses blessures.
Une agression violente sur fond d’alcool et de jalousie boulevard Déodat-de-Séverac
Les faits remontent au 6 mai 2025. Ce soir-là, dans un appartement du boulevard Déodat-de-Séverac à Toulouse, l’alcool coule abondamment. Les analyses toxicologiques réalisées ultérieurement mettront également en évidence la présence de cannabis et de cocaïne dans le sang du prévenu. Dans ce logement qualifié d’insalubre par les enquêteurs, les fonctionnaires de police découvriront par la suite une couette maculée de sang ainsi qu’un couteau dont la lame correspond aux blessures constatées sur le corps de la victime.
Le couple se fréquentait depuis à peine deux mois. Selon les éléments versés au dossier, la relation était déjà émaillée de violences, et Nadège manifestait le désir de rompre, une décision qu’Adem refusait d’admettre. La soirée fatidique bascule lorsqu’un ami de longue date de la jeune femme, présent dans les lieux, indique qu’il l’empruntera le lendemain pour lui dire au revoir. Cette simple phrase déclenche une violente crise de jalousie chez le prévenu. Il insulte alors Nadège et projette une chaise dans sa direction. Lorsque la jeune femme s’effondre au sol, il prétend qu’elle simule. Une altercation éclate ensuite avec l’invité, contraint de quitter l’appartement sous la menace. Les riverains confirmeront aux enquêteurs avoir régulièrement perçu des altercations en provenance de ce logement.
De lourdes séquelles physiques et un pronostic vital initialement engagé
Atteinte de quatre coups de couteau, la victime voit son pronostic vital engagé dans les premiers moments suivant l’agression. Quinze jours d’incapacité totale de travail lui sont initialement octroyés. Plus d’un an après les faits, les répercussions demeurent profondes. À la barre, Nadège confie sa détresse : J’en souffre encore physiquement
, indique-t-elle, précisant désormais être reconnue handicapée à 80 %. Vêtue d’une longue robe et arborant des cheveux argentés, elle a veillé à éviter le regard de son agresseur durant l’audience, tandis que ce dernier la fixait à plusieurs reprises avec insistance, nécessitant plusieurs rappels à l’ordre du président du tribunal.
Une plaidoirie audacieuse et une expulsion mouvementée de la salle d’audience
L’expertise psychiatrique réalisée dans le cadre de la procédure n’a décelé ni hallucination ni abolition du discernement au moment des faits, décrivant en revanche une personnalité antisociale marquée par l’impulsivité et l’absence de remords. La représentante du ministère public a souligné cette dangerosité en affirmant qu’elle espérait que ce monsieur évoluerait dans son comportement et qu’il n’en était rien, avant de requérir quatre années d’emprisonnement, le maintien en détention et une interdiction de contact avec la victime, en tenant compte de la révocation d’un précédent sursis.

Pour sa défense, Maître Brice Zanin a tenté d’imposer une lecture alternative du dossier durant trente-cinq minutes en prévenant que l’on allait lui dire qu’il avait perdu la tête dans les cinq premières minutes, avant d’avancer que sa cliente aurait pu se frapper elle-même. La défense a rappelé d’anciens épisodes de comportements violents ou suicidaires, évoquant notamment un saut depuis un deuxième étage lors d’un précédent conflit relationnel.

Cette argumentation n’a pas convaincu les juges. L’attitude du prévenu, qui a secoué la tête durant l’énoncé des faits et s’est emporté lors d’un nouvel échange avec le président, a alourdi un peu plus sa position. Invité à quitter la salle les bras croisés, il a lancé avant d’être évacué qu’il s’agissait d’un putain de raciste de bâtard. Son casier judiciaire mentionnait déjà deux condamnations pour violences, dont une affaire jugée à Tarbes ainsi qu’une interdiction du territoire français prononcée à la suite d’actes de cruauté envers un animal.
Le tribunal a finalement reconnu Adem coupable des faits reprochés et l’a condamné à une peine de trois ans d’emprisonnement.
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