Home NouvellesTexas : des militants anti-ICE condamnés pour terrorisme, un précédent inquiétant sous Trump

Texas : des militants anti-ICE condamnés pour terrorisme, un précédent inquiétant sous Trump

by Elodie Martin

Des militants anti-ICE reconnus coupables de terrorisme au Texas : un précédent inquiétant

Fort Worth, Texas – Dans une décision qui soulève de sérieuses questions sur la criminalisation de la dissidence politique, huit militants anti-ICE ont été reconnus coupables de terrorisme la semaine dernière pour leur participation à une manifestation devant un centre de détention d’immigrants près d’Alvarado, au Texas. Le verdict, rendu par un jury, marque une première aux États-Unis : il s’agit de la première fois que des activités de protestation anti-ICE et antifascistes sont qualifiées de terroristes par un tribunal fédéral.

L’affaire remonte à juillet dernier, lorsqu’une manifestation s’est déroulée devant le centre de détention de Prairieland. Des manifestants ont vandalisé des véhicules sur le parking et un agent de police a été blessé par balle. Si l’incident a été rapidement instrumentalisé par les autorités, l’accusation de terrorisme, selon les défenseurs des militants, est disproportionnée et constitue une atteinte à la liberté d’expression.

« Le verdict est que toute manifestation pacifique mérite d’être qualifiée de terrorisme et que les personnes impliquées pourraient passer le reste de leur vie en prison », a déclaré un membre du comité de soutien aux accusés, cité par The Intercept. « Les implications sont évidentes : le ministère de la Justice va tenter de reproduire cette stratégie. »

Le procès a été marqué par des controverses. Le juge fédéral Mark Pittman a d’abord déclaré un premier jury incompétent, estimant qu’il manquait de sympathie envers l’ICE. Il a ensuite pris personnellement en charge la sélection du nouveau jury, une procédure inhabituelle. De plus, l’accès à la salle d’audience a été limité aux observateurs et aux médias.

L’affaire s’inscrit dans une tendance plus large observée depuis l’élection de Donald Trump en 2017. Dès son premier jour au pouvoir, plus de 200 manifestants ont été arrêtés et accusés de crimes graves lors des protestations contre son investiture. Depuis, le gouvernement a tenté, sans succès, de condamner des militants de gauche pour des accusations vagues de conspiration et de terrorisme. Des cas similaires à Atlanta, avec le mouvement « Stop Cop City », ont échoué.

Le ministère de la Justice, sous la direction de l’Attorney General Pam Bondi, se réjouit de cette victoire. Bondi a déclaré dans un communiqué que ce verdict « ne sera pas le dernier », et que l’administration Trump « démantèlera systématiquement Antifa et mettra fin à la violence sur les rues d’Amérique ».

Les défenseurs des accusés dénoncent une stratégie de criminalisation de la dissidence politique. Ils soulignent que les preuves présentées par l’accusation étaient minces et se limitaient à des activités protégées par le Premier Amendement, comme la confection de pancartes de protestation ou la collecte de fonds pour la caution des manifestants.

L’affaire Prairieland est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient après la publication du mémorandum présidentiel national sur la sécurité (NSPM-7) en septembre dernier, qui ordonne aux agences fédérales de cibler les groupes et activités de gauche.

Ce verdict ouvre la voie à une répression accrue des mouvements sociaux et à une définition élargie du terrorisme qui pourrait inclure des activités pacifiques de protestation. Les défenseurs des droits civiques appellent à un appel de cette décision et à une vigilance accrue face aux tentatives de criminalisation de la dissidence politique.

Instagram post from DFW Support Committee: https://www.instagram.com/dfwsupportcommittee/

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.